Histoire du PS
De Socialopedia.
Débuts du Mouvement ouvrier
De l’idéal au réel
Le socialisme de parti intervient près de 70 ans après l’apparition du socialisme comme pensée politique. C’est toute la prise en compte de la question sociale, de la nécessité d’organiser le mouvement ouvrier qui va justifier l’émergence de partis socialistes.
C’est dans la première partie du XIXe siècle qu’apparaissent les premiers courants socialistes en France. Les premiers théoriciens socialistes (Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux) manifestent une grande imagination ; d’où leur appellation posthume de “socialistes utopiques”. Beaucoup de leurs intuitions méritent encore l’intérêt mais leur influence dans les milieux populaires demeure marginale.
Au-delà de l’utopie, la réalité s’exprime dans toute sa dureté. Les nouvelles conditions de travail engendrées par la révolution industrielle entraînent des explosions de misère durement réprimées : révolte des canuts lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871…, autant d’événements qui mettent au premier plan la “question sociale”. La révolution de 1848 fait apparaître des divergences entre les démocrates socialistes favorables à la réforme (Ledru-Rollin, Louis Blanc) et les partisans de la violence (Blanqui, Barbès) qui considèrent celle-ci comme le seul moyen susceptible de permettre un changement profond du système économique et social.
Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s’organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1793 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.
La structuration du mouvement ouvrier : du syndical au politique
L’influence des idées anarchisantes et fédéralistes de Proudhon se fait sentir dans la création des premières structures d’organisation. La reconnaissance du droit de grève en 1864 favorise le développement d’un mouvement ouvrier. Mais la violente répression de la Commune décime la Section française de la première internationale, créée en 1864, qui regroupait une élite de militants ouvriers.
La IIe internationale est constituée en 1889 à Paris. L’influence de Karl Marx, notamment par l’intermédiaire de son compagnon de lutte, Friedrich Engels, y est d’abord dominante. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l’égard de la politique. Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la “Charte d’Amiens” qui consacre le principe de l’indépendance du syndicalisme par rapport au socialisme politique. De là découle l’absence de liens organiques entre partis et syndicats qui distingue fortement le socialisme français de la social-démocratie de l’Europe du Nord.
Ceci n’empêche pas l’adhésion du mouvement ouvrier au fonds commun républicain (cf les grandes lois républicaines : enseignement et presse en 1881, liberté syndicale en 1884, liberté d’association en 1901, séparation de l’église et de l’Etat en 1905, etc.). Le socialisme politique s’unifie en 1905 avec la fusion des courants socialistes (guesdistes, blanquistes, réformistes…) dans la nouvelle Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, Jean Jaurès s’impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l’unité, par sa capacité de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l’internationalisme, entre les idées marxistes (dont se réclame principalement Jules Guesde) et la tradition de la Révolution française. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.
Les débuts du mouvement socialiste international
Le mouvement ouvrier a commencé à s’organiser en 1864. Après la guerre franco-prussienne de 1871, l’affirmation d’un mouvement socialiste, séparé des anarchistes donne naissance à des partis politiques comme le SPD allemand et bientôt des partis français.
1864-1876 : la Première Internationale :
Elle naît de l’entente entre les deux classes ouvrières les plus évoluées d’Europe, l’anglaise et la française. Des contacts sont pris par la délégation française (Tolain, un ouvrier cise1eur proudhonien) lors de l’Exposition Universelle de Londres en 1862. Fondée le 28 septembre 1864 elle réunit : les syndicats britanniques, les trade-unions ; des émigrés politiques (hongrois, polonais, italiens. allemands, Karl Marx) l’association des travailleurs allemands qui vient de se fonder (Lasalle) ; les proudhoniens français (Tolain). Son échec est dû à des luttes entre marxistes et anarchistes, mais elle a répandu un certain nombre de principes communs. En cristallisant les aspirations de la classe ouvrière, elle a établi un début d’unité dans les consciences qui permet le développement du socialisme.
1863-1890 : la social-démocratie allemande :
C’est le premier parti socialiste a se constituer. Il jouira d’un grand prestige en raison de sa résistance aux lois d’exception de Bismarck. En 1863 Lasalle fonde l’ association générale des travailleurs a1lemands, le premier parti socialiste. En 1869 : Bebel et Liebknecht fondent le Parti Ouvrier social démocrate. En 1875 : fusion des deux partis dans le Parti ouvrier socialiste sur la base du programme de compromis de Gotha. En 1890 : fondation du Parti social -démocrate allemand.
Fruit d’une série de compromis, il sera contraint de rechercher par la pratique du suffrage universel et des libertés constitutionnelles des réformes en faveur du monde du travail.
Alexandre Millerand, Waldeck-Rousseau et le cabinet de “défense républicaine”
Alors qu’éclate l’affaire Dreyfus, Pierre Waldeck-Rousseau, étranger aux récents scandales politico-financiers qui ont éclaboussé la classe politique ainsi qu’au boulangisme, contribue à la reconstitution d’un bloc républicain. Il est ensuite appelé à la présidence du Conseil, cumulant ses nouvelles fonctions de chef de gouvernement avec les portefeuilles de ministre de l’Intérieur et des Cultes. Investi le 26 juin 1899, ce gouvernement de ” Défense républicaine ” comprend dans ses rangs, outre des républicains progressistes et des radicaux, le général Galliffet, pourfendeur du mouvement communard en 1871, ainsi que le premier ministre socialiste de la Troisième République, Alexandre Millerand ! La cohésion de cette équipe dirigeante pour le moins hétéroclite ne repose donc que sur la forte personnalité de son initiateur. Elle réussit à apaiser et à régler progressivement l’affaire Dreyfus.
La première tache que se fixe Waldeck-Rousseau est de mettre un terme à l’affaire Dreyfus qui divise le pays. Il organise ainsi la révision du procès de l’officier, une procédure qui échoue lors du tumulte de Rennes avant que ne soit signée la grâce du ” traître ” par le Président de la République, Émile Loubet. Au même moment, le Président du Conseil agit avec fermeté avec les agitateurs nationalistes qui ont occupés la rue pendant les années précédentes et contre lesquels sont engagées des poursuites judiciaires. Paul Déroulède, le président de la vieille Ligue des Patriotes, est ainsi condamné le 4 janvier 1900 par le Sénat constitué en Haute Cour de justice à dix années de bannissement.
Pierre Waldeck-Rousseau appuie les initiatives de son ministre du Commerce, Alexandre Millerand, qui est aussi un peu le premier ministre du “Travail”, portefeuille ministériel qui n’existe pas encore à cette époque. Peu après la création d’une Direction du Travail, est promulguée le 30 mars 1900 une loi sur le travail des femmes et des enfants, suivie le 30 septembre d’une loi qui abaisse à onze heures la durée du travail journalier. Le 14 novembre 1899, Waldeck-Rousseau dépose à la Chambre des députés le projet de loi relatif au contrat d’association qui lui tient tend à cœur. Les débats parlementaires, qui durent du 14 janvier au 24 juin 1901, sont passionnés. Certains députés craignent ainsi les coalitions ouvrières ou internationales tandis que d’autres redoutent plus encore les congrégations religieuses, soupçonnées d’anti-républicanisme. Enfin la loi relative au contrat d’association est adoptée par le Sénat le 22 juin 1901, votée par la Chambre des députés le 28 juin, promulguée le 1er juillet, sous la signature d’Émile Loubet, président de la République et Waldeck-Rousseau, président du Conseil, et publiée le 2 juillet 1901 au Journal Officiel.
Alors que les élections législatives du mois de mai 1902 sont pour le chef du gouvernement et le Bloc des gauches un succès, Pierre Waldeck-Rousseau, souffrant, démissionne le 3 juin suivant.
L’entrée de Millerand dans le cabinet Waldeck-Rousseau - pour la première fois un socialiste devient ministre dans un gouvernement bourgeois - a divisé profondément les socialistes : c’est la querelle du “ministérialisme”.Jaurès prend la tête de ceux qui approuvent l’entrée de Millerand au gouvernement, au nom de la défense républicaine.
Durant la présence de Millerand au gouvernement, Jean Jaurès s’affirme comme le nouveau porte-parole des députés socialistes. Alexandre Millerand sera à nouveau ministre et s’éloignera encore plus du courant socialiste. En 1905 il ne rejoint pas la SFIO.
Le Congrès de Japy (décembre 1899)
Premier congrès des organisations socialistes françaises tenu à Paris, salle du gymnase Japy, boulevard Voltaire. Un comité général composé des délégués des courants socialistes est constitué. Le parti de Jules Guesde, le POF, rompra l’unité lors du second congrès, salle Wagram en septembre 1900. Le congrès échoue sur la question de la participation ministérielle, le cas Millerand. Le parti d’Edouard Vaillant, le PSR, rompra lors du 3è congrès, à Lyon, en mai 1901. En juillet 1901 le POF et le PSR forme le Parti socialiste de France. En mars 1902, se constitue autour de Jaurès le PS français. En août 1904 le congrès de l’Internationale réuni à Amsterdam vote une motion en faveur de l’unité socialiste en France.
L’historien Daniel Halévy qui assista au congrès en décrit la dernière séance.
« Dernière séance, on rentre. Les visages sont enjoués. Tout le monde sait la nouvelle. C’est fait. C’est écrit ; l’alliance est scellée. Il n’y a plus de guesdistes, de broussistes, de blanquistes, d’allemanistes. Il n’y a plus que des Socialistes. Une cohue de militants et de syndiqués envahit les tribunes. Soudain les membres de la Commission paraissent, accueillis par le plus grave silence.
Les membres de la Commune au bureau ! propose une voix. - Oui, répond l’Assemblée. Vaillant, Allemane, Fabérot, Camelinat,têtes blanches ou grises, se forment sur un rang au fond de l’estrade, puis d’autres les rejoignent, vieillards dénichésaux quatre coins de la salle, poussés par leurs voisins, portés de mains en mains, et qui saluent, tremblants d’émotion.
Les drapeaux ! réclame l’Assemblée. Trente, quarante drapeaux rouges, gravissant les degrés, se mettent à droite, à gauche du bureau, encadrant les vieux combattants et les membres de la Commission, qui, debout, attendent qu’on les écoute. Leurs vieux plis, couleur de sang, caressés par la lumière des lampes, ébranlés par la grande rumeur de trois mille poitrines, palpitent. Tous les martyrs de la cause, morts ou vivants, sont là. Le rapporteur Dubreuilh s’avance et donne lecture de la constitution unitaire du Parti votée par la commission unanime.
Puis tous les chefs, l’un après l’autre, montent à la tribune et, en très peu de mots, jurent obéissance. C’est un miracle. La force mystérieuse qui, depuis six jours, tient unis ces hommes divisés, maintenant dégagée d’entraves, se répand et déborde. Un dieu est dans la salle et courbe, humilie toutes les têtes. Ouvriers du Nord, têtus et carrés, méridionaux exaltés, Parisiens beaux parleurs, ont maintenant une sagesse, une dignité d’évêques ; et, en effet, ils sont hommes d’Église. Car ils servent une foi. Les orateurs continuent de défiler à la tribune. Voici Brunelière au nom des fédérations départementales ; Viviani, au nom de la presse, Hamelin au nom des coopératives ; Fournière, au nom du groupe parlementaire. Une rumeur profonde, venue on ne sait d’où roule comme un tonnerre lointain ; une émotion intérieure s’empare de chaque assistant et lui ravit sa liberté. Les vingt combattants de la Commune pleurent d’attendrissement. Jaurès, Guesde, Vaillant, séparés par tant d’insultes, se tiennent côte à côte, recueillis, immobiles. La foule des délégués frémit, presque menaçante dans sa joie ; les corps sont tendus, les visages aussi ; et, dans la pénombre des tribunes circulaires, on devine un peuple, deux mille hommes qui laissent tomber d’en haut des clameurs confuses.
Enfin tous les orateurs ont parlé.
Je mets aux voix le rapport de la Commission, dit le Président. - Par acclamations ! répond l’Assemblée. Tout le monde est debout et tout le monde crie. C’est quelque chose d’étrange : un hurlement de mer ; un formidable rugissement de bête. Il dure sans défaillance, pendant plusieurs secondes ; il faiblit, remonte par saccades, s’abaisse, reprend, s’abaisse encore et reprend avec la fureur d’un être qui ne veut pas mourir, et pourtant il meurt.
Mais il ne se peut pas que la fête soit finie. Car la foule est ivre. « L’Internationale » réclame une voix, puis cent. Un jeune homme, c’est Ghesquière, adjoint au maire de Lille, monte sur l’estrade et, à la minute précise où il commence à chanter, tout le monde se dresse, des bureaux aux tribunes. On écoute avec un religieux silence la voix frêle et passionnée qui monte en hésitant dans la nef, puis au refrain, tous accompagnent avec enthousiasme. »
Daniel HALEVY “Essai sur le mouvement ouvrier”, 1901.
Le congrès du Globe et les débuts de la SFIO et de la CGT
L’unification a été imposée aux divers partis par la seconde Internationale, fondée en 1889 à Paris :“tous les militants et toutes les fractions ou organisations qui se réclament du socialisme ont le plus impérieux devoir de travailler de toutes leurs forces à la réalisation de l’unité socialiste sur la base des principes établis par les congrès internationaux dans l’intérêt du prolétariat International vis à vis de qui ils sont responsables des conséquences funestes de la continuation de leurs divisions”, (motion du Congrès d’Amsterdam, août 1904)
Quels sont les Partis qui fusionnent en 1905 ?
Le Parti socialiste Français qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les “indépendants” (Jaurès) ;
b) Les broussistes (la Fédération des Travailleurs Sociaux, FTS) ou possibilistes : Ils sont antimarxistes, favorables à l’action sur le plan municipa1 et à l’arrivée au pouvoir par la voie légale ;
c) Les allemanistes : le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (PSOR) fondé en 1890 par Jean A11emane, un ouvrier typographe. Leurs idées : importance de la conquête du monde syndical, méfiance à l’égard des politiciens, pour la grève générale, antimilitaristes. Le bibliothécaire de l’Ecole Normale Supérieure Lucien Herr qui amènera Jaurès et Blum au socialisme est proche d’eux.
Aux élections de 1902, ils obtiennent 37 élus.
Le Parti socialiste de France, le PSDF qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les partisans de Jules Guesde : le Parti ouvrier de France (POF) scission du congrès ouvrier de 1881. Leurs idées : diffusion du marxisme, organisation de la journée du 1er mai, un parti structuré, discipliné et centralisé sur le modèle de la social-démocratie allemande, Ils conquièrent dès 1892, Commentry, Montluçon, Narbonne et Roubaix (Ju1es Guesde est élu député de Roubaix en 1893), Les broussistes se sont séparés du POF en 1882. Le POF est un parti aux effectifs réduits, avec quelques assises dans les régions industrialisées et déchristianisées ;
b) Les partisans d’ Edouard Vaillant, les blanquistes : Leurs idées : patriotisme révolutionnaire, un mouvement plus qu’un parti, en contact avec les masses populaires, goût pour la démocratie directe, hostilité aux moeurs parlementaires. Ils renoncent progressivement à l’action strictement clandestine et transforment en 1898 le Comité Central Révolutionnaire en Parti Révolutionnaire Français (PRF).
Aux élections de 1902 le PSDF obtient 14 élus seulement.
Mais si on atteint l’unité socialiste, il n’y a pas d’unité ouvrière (parti et syndicat) en France :
Le développement séparé et antagoniste des partis ouvriers et du syndicalisme français est l’une des conséquences les plus graves de la longue impuissance du socialisme au début du siècle. Réagissant à la fois contre la désunion socialiste et les jeux parlementaires, les ouvriers aspirent à un syndica1isme “pur”. Le mouvement syndical se développe contre le guesdisme qui contrôle la fédération des syndicats mais à qui il est reproché de subordonner les intérêts de classe à ceux du Parti.
A partir de 1892, se développe la Fédération des Bourses du Travail (à la fois mutuelles, sociétés de résistance, de propagande, d’éducation ouvrière). Les Bourses du travail deviennent les bastions des partisans de l’indépendance syndicale. Développement de l’anarcho-syndicalisme, idéologie selon laquelle les syndicats sont les cellules de la société de l’avenir et la grève générale le moyen de la destruction du monde capitaliste. Les militants syndicaux s’éloignent du guesdisme (défaite des guesdistes au congrès de Nantes de la fédération nationale des syndicats en 1894) tandis que les anarchistes entrent en masse dans les syndicats à partir de 1893,à l’appel de certains groupes et journaux libertaires.
Naissance de la Confédération Générale du Travail en 1895 au Congrès de Limoges. Elle se développe à partir de 1902 par le groupement des Bourses du Travail et des grandes fédérations nationales des métiers.
En 1906, il y a 200 000 syndiqués et seulement 25 000 socialistes.
La SFIO de 1905 à 1958
Allumer les étoiles du ciel :l’unité et Jaurès
1905. Partout, en Europe, les socialistes tentent de se regrouper au sein de partis de masse et au sein de l’internationale. En France, l’amicale pression de l’internationale sera décisive.
En 1905, le mot « socialisme » n’a pas encore cent ans, mais l’idée socialiste est déjà solidement ancrée dans l’histoire et dans les luttes. Née du refus des injustices et des privilèges, elle porte pour des millions de femmes et d’hommes la promesse d’égalité et de transformation sociale.
Pourtant, le mouvement socialiste peine à s’imposer. Éclaté en une galaxie de tendances - utopistes ou intransigeantes avec les « blanquistes », les « allemanistes » puis les « guesdistes » ; plus modérées avec les « possibilistes » et les « indépendants » -, le socialisme vit au gré des dissidences et des scissions. Soudé par la critique de la propriété privée et du capitalisme naissant, il est déchiré par la tension entre rupture et réforme. Réprimé lors des insurrections, des grèves et des barricades qui scandent le XIXe siècle - la Commune de Paris est écrasée en mai 1871 au prix de 30 000 victimes -, il se divise sur la participation au gouvernement. Dans les consciences, le socialisme est conquérant ; aux élections, les socialistes restent impuissants et les scores décevants.
Quand les délégués socialistes venus de toute la France - et d’abord du Nord, de la Seine, du Pas-de-Calais, du Gard - se retrouvent à Paris en congrès, le 23 avril à la salle du Globe, les plaies sont à vif et l’unité loin d’être acquise. Après deux jours de débats intenses, le Parti socialiste de France de Jules Guesde, le Parti socialiste Français de Jean Jaurès et les autres familles socialistes se tendent la main pour fonder une maison commune : la section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) voit le jour.
Un parti de lutte de classe et de révolution
L’assise idéologique de la nouvelle SFIO est clairement révolutionnaire et marxiste : « un parti de lutte de classe et de révolution » qui ne renonce pas, néanmoins, à « la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière ». Quant à la structure du parti, elle emprunte tout ou presque à celle de la mouvance guesdiste : une section par commune, une fédération par département, un groupe parlementaire sous tutelle de la direction nationale. À l’issue du congrès, Guesde et ses partisans ont remporté la bataille de l’orientation et de l’organisation. Mais face à l’histoire, c’est bien Jaurès qui s’impose comme le visage et le socle du socialisme unifié.
Par-delà le siècle écoulé, Jaurès continue de nous parler. Parce qu’il incarne toutes les résistances, toutes les exigences, toutes les espérances. Professeur de philosophie, il sait qu’un talent naît avec chaque homme et qu’il revient à l’école de le faire advenir. Journaliste et directeur de « L’Humanité », il sait le prix de la liberté d’expression et la valeur du débat d’idées - aussi prend-il la défense du citoyen Dreyfus quand d’autres, par idéologie et par lâcheté, refusent d’agir pour ce « capitaine bourgeois ». Parlementaire - il est élu député du Tarn à 26 ans -, il fait retentir dans l’hémicycle son non à la peine de mort, à la tyrannie de l’argent, au conservatisme de ceux qui exploitent, à l’asservissement de ceux qui produisent.
République et justice sociale
Jaurès nous parle car il inscrit l’identité socialiste dans le combat républicain : « je n’ai jamais séparé la République, écrit-il dès 1887, des idées de justice sociale sans lesquelles elle n’est qu’un mot. » Ce n’est pas un hasard si, quelques mois après l’unification des courants socialistes, Jaurès plaide avec force à la tribune de la Chambre pour la séparation des Églises et de l’État. Visionnaire, le socialisme jaurésien n’oppose pas le monde et la nation : « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène. » Humaniste, il tente de réconcilier aspirations collectives et libertés individuelles. Pacifiste, il dénonce la régression infantile des nations modernes qui songent à « faire la guerre pour se débarrasser de la guerre ».
La voix de Jaurès porte. Sa silhouette puissante et rassurante, son charisme mêlé de sensibilité, font de lui un héros et une cible. Autant que la balle du revolver de Raoul Villain, c’est le rejet qu’il suscite à droite et la haine que lui voue l’extrême droite qui assassinent Jaurès le 31 juillet 1914. Plus rien ne sera comme avant. La France entre en guerre. La SFIO participe aux gouvernements d’« union sacrée », puis s’en éloigne. Le tribut humain du conflit et la révolution bolchévique réactivent en son sein la ligne de partage entre réformistes et révolutionnaires. L’unité a vécu. Reste le message de Jaurès : « même si les socialistes éteignent un moment les étoiles du ciel, je marcherai avec eux dans la sombre nuit qui mène à la justice. »
Guillaume Bachelay
Tours : notre après-guerre
1920. Lourde scission que celle du congrès de Tours. Le socialisme, partis et syndicats confondus vont s’en trouver durablement divisés. La chute du mur de Berlin a, d’une certaine manière, fermé cette parenthèse.Quand la Première guerre mondiale éclate, en août 1914, la France est dirigée par le radical Viviani, allié au centre-droit.
Ensemble, ils forment un gouvernement de compromis qui tente maladroitement d’unir partisans et adversaires du retour aux trois ans de service militaire. Un retour contre lequel se sont mobilisés les socialistes, et notamment Jean Jaurès dont le discours prononcé contre cette loi, au Pré-Saint-Gervais, en 1913, a été immortalisé par le cliché paru dans « l’Illustration ».
Hostiles à toute participation gouvernementale, les socialistes, amusés, observent ce gouvernement qui ne peut être que de transition. Leur préoccupation prioritaire n’est pas là ! Elle consiste à définir leur attitude en cas de guerre : manifestation, grève générale dans chacun des pays belligérants… discussion académique, largement utopique, qui fit l’objet d’une motion adoptée à la quasi-unanimité au congrès des 17, 18 et 19 juillet 1914. Moins de 15 jours plus tard, Jaurès était assassiné ! Balayées les résolutions pacifistes et les appels à la grève aux armées ou à la grève générale. Dès le 2 août, la SFIO se rallie à la politique de défense nationale, il ne s’agit plus de tendre la main au travailleur allemand mais de vilipender l’Empereur fauteur de guerre.
Des ministres socialistes
En moins de deux semaines, le fossé qui sépare l’antipatriotisme le plus virulent du patriotisme le plus échevelé est comblé. Dès le début de la guerre, le « marxiste » Jules Guesde entre au gouvernement, accompagné de Marcel Sembat suivi, peu après, par Albert Thomas qui deviendra ministre de l’Armement et des Fabrications de guerre. Trois ministres socialistes qui pèseront peu face à l’état-major et à la droite nationaliste.
La politique d’« Union sacrée » suivie par le parti est une menace qui pèse sur son identité. Celle-ci risque de s’effondrer dans les décombres de la guerre… mais c’est sans compter sur les manifestations d’opposition à cette politique qui, ici ou là, s’expriment d’abord faiblement, puis de plus en plus nettement, au point d’emporter la majorité du parti dans son opposition à la guerre. Mais pour cela, il aura fallu l’ignoble boucherie des tranchées et, aussi, l’espoir né en Russie, à Saint-Pétersbourg. Finalement, ce n’est qu’au congrès des 28 et 29 juillet 1918 que la minorité conduite par Longuet prend l’avantage sur l’ancienne majorité dirigée par Renaudel. L’honneur des socialistes est sauf et leur identité préservée mais la gauche sort très affaiblie du conflit. 64 députés socialistes siégeront à la nouvelle assemblée « bleu horizon », élue en 1918, contre 103 à la veille de la guerre. Grèves et manifestations vont se multiplier, la plupart vouées à l’échec. La droite est bien de retour.
Ils vont garder la vieille maison
Dans ce contexte, soudée par le combat mené contre la guerre et l’union sacrée, une génération militante se retrouve parfaitement dans les positions défendues par les bolcheviques, membres du parti social-démocrate ouvrier russe, et par la toute jeune Union soviétique. Cette gauche du parti, conduite par Paul Vaillant-Couturier, propose l’adhésion à la IIIe internationale.
Contre cette position, Léon Blum, Albert Thomas ou Marcel Sembat se refusent à condamner la politique menée pendant la guerre. Ils sont largement minoritaires.
Au centre, la majorité conduite par Jean Longuet, Paul Faure ou Marcel Cachin, tout en condamnant la politique menée pendant la guerre et en soutenant la révolution russe, hésite à adhérer à la IIIe internationale.
C’est à Tours, lors du XVIIIe congrès du parti socialiste SFIO, que le drame va se jouer. Acquise à l’adhésion à l’Internationale communiste, la majorité du parti va quitter la vieille maison et fonder un parti de type nouveau, le Parti communiste. Mais quelle est la nature de ce nouveau parti ? Démocratique, totalitaire… la discussion la plus vive va tourner autour de cette question et se concentrer sur les 21 conditions mises en avant par l’Internationale communiste, le centralisme démocratique et la discipline de pensée.
Dans un discours d’une prémonition exceptionnelle, Léon Blum va s’opposer, au nom de la démocratie, aux nouveaux bolcheviques français. Avec Jean Longuet et Paul Faure, il va garder la vieille maison.[1]
Le Cartel des Gauches
Le “Cartel des gauches”, victorieux en 1924 et en 1932, est la coalition des radicaux qui dominent alors la gauche (jusqu’en 1936) et des socialistes. Les premiers députés communistes qui sont élus en 1924 siègent dans l’opposition. Les socialistes ne participent pas au gouvernement et posent même en 1932 des conditions à leur participation qui sont rejetées par les radicaux (les “conditions Huygens”)
Le Cartel des gauches se constitue à la fin de l’année 1923 contre le Bloc National . Le Bloc national est un bloc anti-collectiviste, dirigé contre les socialistes, qui se constitue à l’instigation de l’Alliance Démocratique, pour les élections de 1919 et qui remporte la victoire ( 70% des sièges, la « Chambre bleue horizon »). Il comprenait la Fédération Républicaine, l’Action Libérale (descendance des « ralliés »), les nationalistes et une partie des radicaux. Le Cartel des gauches associe 4 groupes :
- les radicaux indépendants (frange de droite des radicaux)
- les radicaux-socialistes, unifiés désormais
- les républicains socialistes, des socialistes indépendants (Paul Painlevé)
- la SFIO.
Le Cartel met en place un réseau de comités dans tout le pays, il lance un quotidien (« Le Quotidien ») et un hebdomadaire (« Le Progrès Civique »). Il se reconstituera en 1932 et gagnera à nouveau les élections.
En 1924 le Cartel obtient la victoire en raison de la division de la droite. La gauche obtient 48,3% et la droite 51,7% mais le Cartel obtient une majorité de sièges : 327 contre 254 (la droite et les premiers députés communistes). La majorité est dirigée par Edouard Herriot. Elle éclate en 1926. Les socialistes passent dans l’opposition.Le gouvernement Poincaré bénéficie d’une forte majorité : droite et radicaux. La droite remporte les élections législatives de 1928 : il y a 329 députés de droite contre 285 pour la gauche. Comme à chaque élection les radicaux se présentent avec la gauche. En 1932, le second Cartel remporte les élections mais il n’y a pas de majorité de gauche associant radicaux et socialistes. Les socialistes posent leurs conditions à la participation (les “cahiers” ou les “conditions Huygens” du nom du gymnase dans lequel s’était tenu le congrès socialiste). Les gouvernements se succédent, dirigés par des radicaux alliés aux “modérés”. Cette majorité parlementaire, distincte de la majorité électorale, est fragile. Cette période de grande instabilité aboutit à la crise du 6 février 1934.
La crise des “Néos”
Les thèses de Marcel Déat, Perspectives socialistes, 1930 se présentent come un écho des idées de Bernstein :
- abandonner l’optique de la propriété, un socialisme très pragmatique, plus soucieux d’efficacité (« la maîtrise des forces ») que d’appropriation collective ;
- il faut utiliser l’Etat, réconcilier les socialistes avec l’Etat sans attendre la conquête du pouvoir ;
- le socialisme ne doit pas être exclusivement prolétarien, alliance de tous les exploités y compris les classes moyennes.
Marcel Déat propose 3 remèdes :
- la socialisation de la puissance, le contrôle de l’Etat sur la vie économique ;
- la socialisation du profit, taxation des profits, réforme fiscale ;
- la socialisation de la propriété, nationalisations, développement des coopératives, coexistence d’un secteur socialisé et d’un secteur libre (lois du marché)
Idées très réformatrices, proches de celles d’André Philip ou de Jules Moch, réaction contre une vision catastrophique et eschatologique de la révolution (le capitalisme est en train de s’effondrer, la France à la veille d’une révolution , pour Paul Faure)
Une réflexion sur la crise :
- alliance nécessaire du prolétariat et des classes moyennes ;
- renforcer l’autorité de l’Etat pour remédier à la crise économique (ce qui épouvante Léon Blum, relents fascistes pour la SFIO)
- la planification (cf. thèses d’Henri de Man, mais intéresse quelques spécialistes seulement)
Une réflexion sur les expériences étrangères :
- effondrement du travaillisme britannique, impuissance de la SD allemande face à Hitler ; droite au pouvoir en Belgique ;
- le New Deal (intéresse Jules Moch, Charles Spinasse)
- le corporatisme italien (Bonnafous, Montagnon)
Majorité et minorité s’opposent sur la tactique pour barrer la route au fascisme. Les néos pensent qu’il faut collaborer avec le gouvernement ,voire participer. Déat accuse Blum de « fatalisme », de « politique gauchiste » (risque de crise de régime ouvrant la voie au fascisme)
La nation est le thème d’un débat très confus. Renaudel est un socialiste patriote , Déat un pacifiste et anti-hitlérien mais il viendra au fascisme par pacifisme. « Ordre, autorité, nation », c’est une formule provocante.
La participation au pouvoir est le thème central des débats des années 30. Débat confus qui débouche sur un débat subalterne sur la discipline à l’intérieur de la SFIO. 27 députés et 7 sénateurs quittent la SFIO, rejoint par la fédération de la Gironde (Adrien Marquet)
La destinée ultérieure des Néos - la collaboration - les discréditera durablement
d’après Jean TOUCHARD “Histoire de la gauche en France”
La phase de décolonisation
À son retour de déportation en 1945, Léon Blum lance, confiant : « Le socialisme est maître de l’heure ». Tout peut alors porter à le penser : les idées issues de la Résistance sont socialistes, le Parti s’est épuré de ses éléments attentistes ou collaborationnistes, ses effectifs sont en hausse et semblent rajeunis, il est à la tête de nombreuses municipalités. Il porte l’espoir, il y croit.
La SFIO s’installe dans la IVe République, prenant sa part de responsabilités dans la reconstruction du pays, peut-être même plus que sa part, peuvent penser certains. Les désillusions apparaissent très vite, les résultats électoraux s’effritent dès 1946 et, inéluctablement, le mécontentement monte en interne. Qui plus est, des réticences se manifestent quand le secrétaire général Daniel Mayer exprime la volonté d’ouvrir le Parti à toutes les forces nées de la Résistance, pour en faire une grande organisation de type « travailliste ». Cette politique (qualifiée de « révisionniste ») est attaquée par un nombre croissant de militants, jusqu’au congrès de 1946, qui voit la défaite (très nette) de Daniel Mayer puis son remplacement comme secrétaire général par Guy Mollet, élu cependant de justesse. Une nouvelle équipe s’installe à la tête de l’organisation, qui doit assumer et gérer les nouvelles données politiques de l’époque, notamment la Guerre froide qui gagne le pays à partir mai 1947.
Désormais, la SFIO a choisi son camp, même si elle ne dispose de guère d’autonomie, entre les extrêmes que sont les communistes (qui ne sont, selon la formule bien connue, « ni à gauche, ni à droite, mais à l’Est » et les néo-gaullistes. La ligne politique est de défendre la démocratie, menacée par ces extrêmes. Jusqu’aux élections législatives de 1951, les socialistes participent aux gouvernements qui se succèdent. Ensuite, ils sont dans l’opposition, n’en sortant qu’en 1954, au moment du gouvernement de Pierre Mendès France, auquel ils ne participent pas, même s’ils lui apportent un soutien sans faille. Ils ne retrouvent le pouvoir qu’en 1956, après les élections anticipées de janvier. Guy Mollet devient président du Conseil, et dirige le gouvernement dit de « Front républicain », auquel participent des personnalités telles que François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas. Les réalisations de ce gouvernement sont très importantes, par exemple au plan social (3e semaine de congés payés) ou au niveau de la construction européenne, mais elles sont hypothéquées par le problème algérien, que le gouvernement ne parvient pas à régler.
L’année suivante, la IVe République s’effondre, victime principalement de la Guerre d’Algérie. En mai 1958, malgré des troubles profonds (qui entraînent bientôt une scission du Parti, et la naissance du PSA) les socialistes doivent choisir entre Charles De Gaulle et les « paras » c’est-à-dire les militaires qui sont révoltés en Algérie. Ils se rallient à De Gaulle, et participent à la mise en place de la Ve République. Plusieurs socialistes entrent dans le gouvernement. Guy Mollet est l’un des principaux rédacteurs de la Constitution de la Ve République. Si les socialistes soutiennent en permanence De Gaulle sur la question algérienne jusqu’à l’indépendance de 1962, ils se séparent très rapidement de lui sur les autres aspects de sa politique, et dénoncent l’évolution personnelle du régime.
L’année 1962 voit un changement profond dans la vie politique française. Charles De Gaulle entend faire élire le président de la République au suffrage universel, et appelle les Français à se prononcer sur cette question par référendum. Dans l’esprit des démocrates, cette mesure ne manquera pas de lui donner davantage encore de pouvoir, sans que les données fondamentales de la Constitution soient changées. Mais ils sont battus. Suivent des élections législatives anticipées. À cette occasion, Guy Mollet déclare dès le premier tour qu’il faut battre avant tout les partisans du « pouvoir personnel », même en faisant élire au deuxième tour des candidats communistes. Désormais s’amorce un rapprochement entre les deux partis de gauche. Cette stratégie nouvelle est débattue au 54e congrès national du Parti, en juin 1963, qui décide d’engager un dialogue avec le PCF. À ce même congrès, une autre importante question est évoquée : celle de l’émiettement des forces socialistes, dispersées entre des clubs et partis. La SFIO engage une stratégie de rapprochement de la gauche socialiste. À la fin de l’année, on note la déclaration de candidature à l’élection présidentielle de Gaston Defferre, qui avive les discussions au sein de la SFIO. Car il apparaît très rapidement que Gaston Defferre entend se situer dans une stratégie « moderniste », édulcorant la pensée socialiste traditionnelle (cf, notamment, sur la question de la laïcité) prenant des contacts avec les centristes, et refusant par avance toute négociation, tout contact avec le PCF. La majorité du Parti refuse cette stratégie, qui échoue finalement en juin 1965. L’étape suivante est celle de la mise en place de la FGDS, Fédération de la gauche démocrate et socialiste, réunissant la SFIO, les clubs, les radicaux, présidée par François Mitterrand, dont l’objectif est d’aboutir à la fusion à terme des socialistes.
Les leçons du Front populaire
1936. Trente ans après l’unité, les socialistes accèdent pour la première fois au pouvoir. L’expérience est brève mais marque durablement le siècle, tant par les réformes accomplies que par la modernité de sa conception de l’union politique des gauches.
Est-ce ces centaines de milliers de visages riants aux fenêtres des trains matinaux en partance pour la côte d’Opale qui symbolisent le mieux le Front populaire ? Comme ces couples roulant en tandem sur les routes bucoliques de la campagne française, ils prennent, à l’été 36, leurs premières vacances. Deux semaines de congés payés, obtenues dès le mois de juin, en même temps que la réduction du temps de travail à 40 heures hebdomadaires, la reconnaissance de la liberté syndicale et l’élection de délégués du personnel dans les établissements de plus de dix ouvriers. Au sortir de cet été historique, marqué par la dignité retrouvée des travailleurs, Blum constate lui-même que « la France a une autre vie, et un autre air ».
Ou est-ce l’union de la SFIO, du Parti communiste et des radicaux, aussi belle qu’inattendue, dix ans après le congrès de Tours, qui demeure la leçon essentielle ? C’est sur l’antifascisme (en France, symbolisé par les évènements du 6 février 34, et en Europe, avec la montée de la peste brune) que les trois formations se retrouvent à partir de l’année 1935. En octobre 1934, pour la première fois, le communiste Maurice Thorez, autorisé par Staline, plaide en faveur d’un « large front populaire anti-fasciste ». Quant aux radicaux, leur crédit s’affaiblit au fur à mesure qu’augmente l’impopularité des gouvernements auxquels ils participent. Mettre la barre à gauche leur paraît salutaire.
« Pain, paix, liberté »
Lors de la célébration du 14 juillet 1935, toute la gauche est rassemblée aux portes du pouvoir. Devant 500 000 manifestants réunis au vélodrome Buffalo de Montrouge, les trois partenaires prêtent le serment du Front populaire. Une commission tripartite - radicaux, socialistes et communistes - se met à préparer le programme du rassemblement autour du slogan de la future campagne : « pain, paix, liberté ». L’espoir du peuple est immense.
Ou est-ce que, enfin, les premières fois historiques se suffisent à elles-mêmes ? Le 3 mai 36, la gauche a 376 élus sur 618 sièges dont 146 députés à la SFIO, le groupe le plus important de la Chambre. Pour la première fois, et trente ans après l’unité, les socialistes peuvent revendiquer la direction du gouvernement. Et pour la première fois, dans cette Chambre des députés, l’extrême gauche révolutionnaire, le Parti communiste, se retrouve, non dans l’opposition, mais dans la majorité parlementaire. La composition du cabinet Blum - 20 socialistes, 13 radicaux, et 2 républicains socialistes, Maurice Violette et Pierre Viénot - marque un subtil équilibre entre les générations socialistes. La présence de trois femmes - Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg - dans le gouvernement, alors que celles-ci n’ont pas le droit de vote, est à noter.
Le « paradigme du Front populaire »
Derrière ces instants de bonheur et cette promesse d’un monde plus humain, moins dur, les nuages s’amoncellent : le contexte international (attaques d’Hitler, front populaire espagnol renversé), la situation économique très dégradée, la crise politique intense (interne et externe) liée à la non-intervention en Espagne, le mauvais accueil de l’annonce en février 1937 de la « pause » dans les réformes sociales, précipitent la chute de Léon Blum, qui démissionne le 21 juin. « Le caractère dense, sinon exceptionnel à l’échelle du siècle, de l’épisode, explique que, a posteriori, il ait contribué à définir une conception originale de l’union politique des gauches, ainsi que de l’exercice du pouvoir. Cette conception, nourrie de la référence à 1936, on la retrouve, de façon tantôt marginale, tantôt centrale, dans les décennies qui suivent. Elle traverse de façon récurrente les préoccupations des hommes de gauche, du milieu des années 1950 (le « front républicain » des élections législatives de janvier 1956) aux années 1970, où, à nouveau, une dynamique d’union des gauches se construit sur le socle d’un programme commun. On pourrait, si l’on osait, parler d’une manière de paradigme du Front populaire, à propos de l’idée que se fait la gauche française de l’exercice du pouvoir au milieu du XXe siècle, disons du milieu des années 1930 au début des années 1980 », conclut Frédéric Monier, dans l’ouvrage Histoires des gauches (1).
Ariane Gil
(1) Histoire des gauches en France, vol. 2, sous la direction de Jean-Jacques Becker et Gilles Candar, La Découverte, 37 euros.
Léon Blum, le socialisme du courage
… Ou le courage du socialisme. Tel est ce qu’on peut retenir du colloque organisé par le cercle Léon Blum qui s’est tenu le mercredi 17 mai à l’Assemblée nationale. A l’occasion du 70e anniversaire, le Cercle Léon Blum a réuni plusieurs centaines de personnes pour écouter les diverses vies de Léon Blum, de l’Affaire Dreyfus à sa mort. Il est vrai que l’homme a plusieurs facettes. Un jeune bourgeois, intellectuel de gauche qui passe du statut d’observateur engagé à celui de militant passionné de la justice. Grâce à Lucien Herr et à Jean Jaurès, il entre en socialisme. C’est avant tout un homme libre, ce qui explique son arrivée tardive à la tête de la SFIO – ce sont surtout les circonstances qui le propulsent à la tribune du congrès de Tours. Dès lors, à 47 ans, il exerce un magistère moral sur le parti sans y occuper de fonctions de direction.
Blum, c’est bien évidemment l’homme du Front populaire, qui a su réviser ses idées en fonction des possibilités de l’action, sans forcément renoncer. C’est aussi l’homme du socialisme démocratique dont il fallait conserver l’identité face au communisme naissant, aux différentes dérives droitières des néo-socialistes ou des participationnistes.
Blum c’est enfin un homme qui a connu plus que d’autre la souffrance. Juif souffrant d’un antisémitisme venu aussi bien de l’extrême droite, que des communistes ou de ses propres camarades. Victime d’un attentat, des lazzis en pleine Chambre des députés et finalement déporté…
Ce colloque réunissait des universitaires et des politiques. Parmi eux, Alain Bergounioux, Serge Berstein, Ilan Greilsammer, Gilles Finchelstein, Denis Lefebvre, Robert Badinter, Louis Mermaz, Pierre Mauroy, Monique Canto-Sperber, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande ou encore Bernard Poignant.
Les actes de ce colloque seront bientôt disponibles sur le site du cercle Léon Blum (www.cercle-leon-blum.org) et en librairie.
Pierre Kanuty
De la division à l'union de la gauche, 1958 à 1971
De la « petite gauche » à l’Union de la gauche
La SFIO est ébranlée par l’échec de sa politique algérienne et divisée sur l’attitude à avoir face à De Gaulle.
Des militants se regroupent en 1958 dans le Parti socialiste autonome (PSA) puis dans le Parti socialiste unifié (PSU), irrigué par des courants venus à la fois de la gauche non communiste, du syndicalisme, du christianisme de gauche et des trotskistes. Parmi eux, l’Union de la gauche socialiste (Gilles Martinet, Claude Bourdet) ou Tribune du Communisme (Jean Poperen).
« La petite gauche »
Quand De Gaulle décide de modifier la Constitution pour se faire élire au suffrage universel, François Mitterrand, à la tête de la Convention des institutions républicaines (CIR), déploie tout son talent pour imposer une candidature unique de la gauche à la présidentielle de 1965. À la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) à laquelle participe la SFIO, qui est soutenue par le PCF et plus mollement par le PSU et contre toute attente, Mitterrand met De Gaulle en ballottage. Désormais la gauche a un chef, il lui faut un parti.
La gauche non communiste, c’est une SFIO vieillissante mais implantée, un PSU florissant mais atrophié et la CIR de François Mitterrand, le CERES de Jean-Pierre Chevènement, le Club Jean Moulin, etc. Cette division plombe la gauche. C’est le temps de la « petite gauche ».
La FGDS passe avec le PCF un accord de désistement au profit du candidat de gauche le mieux placé, qui amène l’opposition à un siège de la majorité lors des élections législatives de 1967.
L’année d’après, on ne s’ennuie pas. La révolte étudiante et la grève de générale de mai-juin 1968 dans laquelle le Parti communiste protège le régime gaulliste ouvre un débouché politique que le PSU, pourtant très présent dans le mouvement, ne parvient pas à incarner. En 1969, après le départ de De Gaulle, les socialistes désignent Gaston Defferre comme candidat à la présidence de la République. Il n’est même pas au deuxième tour. Cet échec précipite la recomposition du parti. La SFIO laisse la place au Nouveau parti socialiste sous l’impulsion d’Alain Savary.
D’Épinay à la présidentielle de 1974
C’est l’heure de l’élargissement. À la vieille SFIO s’ajoutent les amis d’Alain et de Jean Poperen. L’unité devient un axe politique. Bientôt, avec les réseaux de François Mitterrand, le congrès d’Épinay crée une nouvelle force à gauche qui s’attache en 1972 à réaliser l’union de la gauche autour d’un programme commun de gouvernement avec les radicaux de gauche et le PCF.
Le PS prétend interroger la société qui s’est débloquée après mai. Une nouvelle génération arrive. Les « sabras » comme on les appelle. Pleins d’avenir, aux cheveux longs, aux talents multiples et à la détermination sans faille. Lionel Jospin, Paul Quilès, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, ils croisent des compagnons plus anciens comme Colette Audry, Marie-Thérèse Eyquem, Pierre Mauroy ou Pierre Joxe. Le Parti socialiste est la force principale de la gauche. En 1974, après la mort de Pompidou, François Mitterrand est à nouveau le candidat de la gauche. Il arrive en tête au premier tour, mais il perd avec moins d’1 % d’écart devant Giscard. Désormais, la route de l’Élysée est ouverte, ce sera pour la prochaine fois. En attendant, le PS a supplanté le PC. Le PSU en fait les frais avec le départ vers le PS des amis de Michel Rocard et de toute une génération d’intellectuels venus de la CFDT. Cette fameuse deuxième gauche qui constitue la matrice à la fois de l’écologie politique et d’une gauche décentralisatrice.
Pierre Kanuty
Les divisions de la Gauche de 1958 à 1971
Le soutien de la SFIO au retour au pouvoir du général de Gaulle, porté par le soulévement d’Alger le 13 mai entraine une scission au sein du parti avec le départ de la plupart des minoritaires hostiles à la politique de Guy Mollet. La SFIO entre dans une opposition dite constructive, puis s’allie à la droite antigaulliste dans le Cartel des Non, soutient enfin la candidature unique de la gauche à l’élection présidentielle de 1965. Mais en 1969 le refus d’une nouvelle candidature de François Mitterrand entraîne une situation confuse qui remet en cause le processus de création du nouveau parti et aboutit à l’absence de la gauche lors du second tour des présidentielles.
Sous le gaullisme triomphant les socialistes sont affaiblis et divisés. Le parti radical est ébranlé par l’échec de la tentative de rénovation mendésiste. Au sein du PCF certains s’interrogent après la répression du soulèvement populaire de Budapest et la révélation de la dénonciation des crimes de Staline. A côté de la SFIO fleurissent nombre de partis, clubs, et courants. Face au puissant Parti Communiste on désigne alors pêle mêle socialistes, radicaux, tous ces petits partis de gauche et ces clubs comme la gauche non communiste.
Le succès inattendu de la candidature de François Mitterrand en 1965 montre néanmoins la force du sentiment unitaire. Quatre ans plus tard la gauche n’est pourtant pas représentée lors du second tour de l’élection présidentielle, certains ayant choisi de soutenir dès le premier tour le candidat centriste. Pour le PCF, le débat Pompidou-Poher, c’est blanc bonnet et bonnet blanc …
Mais au lendemain de mai 1968, la Convention réclame l’unification des socialistes et l’union de la gauche tandis que le PSU rêve de construire un grand parti révolutionnaire…
La gauche éclatée en marche vers l’Unité
La gauche se recompose dans les premières années du régime gaullien. Divisée en 1958, elle se rassemble en 1965 et manque d’une voix la majorité à l’assemblée en 1967. Elle se prépare à restaurer un grand Parti socialiste. C’est l’œuvre de François Mitterrand.L’attitude vis-à-vis du régime gaulliste opère un nouveau clivage. Une minorité de la SFIO, d’autres élus de la gauche républicaine comme François Mitterrand et Pierre Mendès France, se dressent contre le “coup d’Etat”. Les minoritaires de la SFIO quittent le parti et fondent le Parti socialiste autonome, dirigé par Edouard Depreux et Alain Savary. En 1960, le PSA fusionne avec de petits mouvements de chrétiens de gauche et de dissidents communistes, l’Union de la gauche socialiste (Gilles Martinet, Claude Bourdet), Tribune du Communisme (Jean Poperen) pour former le Parti socialiste unifié (PSU).
François Mitterrand crée la Convention des institutions républicaines (CIR) avec Charles Hernu et Louis Mermaz en 1964, alors que la même année le mouvement syndical annonce son renouvellement : la CFTC se divise, aboutissant à la création de la CFDT sous l’impulsion d’Eugène Descamps. Cette période voit naître un grand nombre de clubs politiques de gauche, Club Jean Moulin, Vie Nouvelle…
Grande fédération ou union de la gauche ?
A l’approche de l’élection présidentielle de 1965, la SFIO semble hésiter longtemps sur la stratégie à adopter. Gaston Defferre, soutenu par le centre et le centre gauche, songe un moment à être candidat : la candidature de Monsieur “X” échoue du double fait du MRP et de la SFIO (échec de la “grande fédération”). Dès 1965, François Mitterrand et la CIR proposent une candidature de gauche non communiste. Un rassemblement s’opère avec la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS) qui aboutit à la candidature de François Mitterrand. Il sera soutenu par le PCF, puis, à un degré moindre, par le PSU.
François Mitterrand obtient 32 % des voix au premier tour et 45 % des voix au second tour, à la surprise générale, mettant ainsi de Gaulle en ballotage. La gauche relève la tête et reprend espoir. En 1966, la FGDS publie son programme et passe avec le PCF un accord électoral de désistement au profit du candidat de gauche le mieux placé. Cet accord est efficace puisqu’il amène l’opposition à un siège de la majorité lors des élections législatives de 1967.
La crise de mai 1968 affaiblit la FGDS qui n’a pas pu prendre en charge les interrogations du moment. Après l’échec du référendum et le départ de De Gaulle en 1969, le nouveau Parti socialiste désigne Gaston Defferre comme candidat à la présidence de la République. L’échec du tandem formé par Gaston Defferre et Pierre Mendès France (un peu plus de 5 % des voix, tandis que Michel Rocard, alors candidat du PSU obtient 3,6 % des voix) précipite la recomposition du parti. Le PS s’élargit à Issy-les-Moulineaux : formé de la SFIO (Guy Mollet, Pierre Mauroy, Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement) de l’URCG (Alain Savary) de l’UCGS (Jean Poperen), il fait de l’unité de la gauche un axe politique.
Chronologie de l’histoire du PSU
Le PSU, fondé en 1960 disparaît officiellement en 1990. Bien que groupusculaire dans la dernière partie de son histoire, il a joui d’un grand rayonnement militant et intellectuel au cours des années 60 et 70. Ses héritiers se retrouvent aujourd’hui aussi bien au Parti socialiste que dans la gauche critique.
- 3 avril 1960 : Création du PSU (Parti Socialiste Unifié) regroupant le Parti Socialiste Autonome qui avait quitté la SFIO, l’Union de la Gauche Socialiste) et du Mouvement de Libération du Peuple). Edouard Depreux est nommé Secrétaire National du parti.
- 1965 : Le PSU ne présente aucun candidat à l’élection présidentielle et appelle à voter pour François Mitterrand sans participer à sa campagne.
- 1966 : Assises de Grenoble.
- 1967 : Michel Rocard est nommé secrétaire national du parti. La même année le PSU obtient quatre sièges à l’Assemblée nationale.
- 1968 : Jacques Sauvageot devient président de l’UNEF. Le PSU cherche à proposer un débouché politiques aux événements de mai par l’organisation du meeting de Charléty le 27 mai.
- 1969 : Michel Rocard candidat du PSU à l’élection présidentielle obtient 3.61% des voix au premier tour. La même année, alors que le nouveau parti socialiste succède à la SFIO, le Conseil national du PSU se prononce contre l’intégration au sein du PS.
- 1971 : Une partie des militants du parti rejoignent le PS.
- 1973 : Robert Chapuis, Secrétaire national. Rupture avec Michel Rocard qui est en faveur du ralliement au PS. Il quitte le PSU.
- 1974 : Michel Mousel est nommé Secrétaire National du parti. En septembre, les Assises du socialisme draîne plusieurs centaines de militants vers le Parti socialiste avec Michel Rocard.
- 1978 : Le PSU se joint à des écologistes, des régionalistes et le Mouvement pour une Alternative Non Violente au sein du Front autogestionnaire. Mais désormais le PS est la principale force de gauche. Le Front autogestionnaire ne remporte qu’ 1.1%.
- 1979 : Huguette Bouchardeau, Secrétaire nationale du parti.
- 1981 : Huguette Bouchardeau, candidate du PSU obtient 1.11% des voix au premier tour de la présidentielle.
- 1983 : Serge Depaquit, Secrétaire national du parti, Jacques Salvator, secrétaire national et porte parole adjoint. Huguette Bouchardeau entre au gouvernement comme secrétaire d’Etat chargée de l’Environnement.
- 1984 Huguette Bouchardeau, ministre de l’Environnement du gouvernement de Laurent Fabius. La même année Jean-Claude Lescornet est nommé secrétaire national.
- 1985 : Jacques Salvator, Huguette Bouchardeau et Serge Depaquit démissionnent du PSU.
- 1988 : Le PSU soutient la candidature communiste dissidente de Pierre Juquin qui obtient 2.09% des voix.
- 1989 : Fondation de l’Alternative Rouge et Verte (Arev) sur une fusion du PSU et de la Nouvelle Gauche.
- 1990 : Le 7 avril, la dissolution du PSU votée par 91% des militants.
Le PSU
Le PSU a représenté une formation très attractive entre 1960 et 1974 avant d’être absorbé par le Parti socialiste. Ceux de ses héritiers qui n’ont pas rejoint le Parti socialiste composent ce qu’on appelle la gauche alternative.
La SFIO fut déchirée par les désaccords sur la guerre d’Algérie et la question du retour du général de Gaulle. Quand en 1958 il faut voter le projet de Constitution, la SFIO est partagée. Au Congrès de septembre 1958, à Issy, les délégués socialistes se prononcent à 70 % pour le ” oui ” autour de Mollet et de Defferre. La minorité refuse de se plier à cette ” déviation “, elle scissionne et fonde autour d’Edouard Depreux, le Parti socialiste autonome (PSA). L’organe du parti se nomme Tribune du socialisme avec Alain Savary et Daniel Mayer entre autres.
Le PSA compte jusqu’à 20 000 adhérents dans 84 fédérations. Dissidents de la SFIO se retrouvent alors à discuter avec une gauche critique intellectuelle qui condamne le stalinisme, éprouve parfois de la sympathie pour le trotskisme et entretient des liens avec les courants du christianisme de gauche. Les communistes antistaliniens autour de Gilles Martinet se rapprochent des chrétiens progressistes en 1950 dans l’Union progressiste, avec quelques radicaux. France observateur, fondé en 1950 (ancêtre du Nouvel observateur) relayait déjà leurs idées. Ces petits groupes : la Nouvelle gauche (issue des groupes trotskistes et socialistes exclus des JS en 1947), Jeune république ou l’Union progressiste se reconnaissent depuis longtemps dans l’action de Pierre Mendès-France. Ils participent d’un courant réformateur dans lequel on retrouve aussi des syndicalistes, notamment la minorité de la CFTC. Fin 1957, ces groupes fusionnent dans l’Union de la gauche socialiste, réalisant pour la première fois, l’unité entre chrétiens et marxistes. Parmi les leaders de l’UGS, il faut nommer Jean Poperen qui a fondé en 1958, Tribune du communisme avec le philosophe François Chatelet entre autres. Le 3 avril 1960, au Congrès d’Issy-les-Moulineaux, le PSA, l’UGS et Tribune du communisme fusionnent dans un nouveau parti, le Parti socialiste unifié dont l’un des membres fondateurs est Pierre Mendès-France.
Le PSU rassemble donc des chrétiens de gauche, des trostkistes, des socialistes, des anarchistes, des radicaux et des communistes.
Le mouvement de réforme à gauche qui s’était incarné sans structure dans le mendésisme, se fixe dans le nouveau parti, qui sera pourtant plus un mouvement d’intellectuels qu’un réel parti de masse en capacité de réduire le poids électoral du PCF et de la SFIO. Mais avant que dans le printemps 68 ne fleurissent les groupuscules gauchistes et libertaires qui accueilleront une partie de la jeunesse dans les années 70, c’est au PSU que la révolution se prépare. Le PSU livre ses premiers combats contre le fascisme et le colonialisme. Après 1962, le PSU hésite entre supplanter la SFIO, et se substituer au PC. Finalement, il opte pour une transformation en un parti socialiste appuyé sur la classe ouvrière. C’est en 1963 que Michel Rocard rejoint le jeune parti. En 1965, après beaucoup d’interrogations, le PSU appellera à voter pour François Mitterrand mais décidera de ne pas participer à sa campagne. L’année d’avant un événement a eu lieu dans le monde syndical qui achève de constituer ce qui restera plus tard dans l’histoire sous le nom de deuxième gauche.
En 1964, la frange laïque (majoritaire) de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC, fondée en 1919) scissionne sur la question de la déconfessionnalisation pour fonder la Confédération française et démocratique du travail. La CFDT dans le mouvement social, avec le Nouvel Observateur autour de Jean Daniel et Jacques Julliard constituent les foyers les plus féconds et les derniers vestiges de la deuxième gauche. L’apport théorique de la CFDT porte alors notamment sur l’autogestion.
Après les élections de mai 1974, Mitterrand qui est arrivé en tête au premier tour est le chef incontesté de la gauche. A l’initiative de Pierre Mauroy, le PS programme la tenue des Assises du socialisme à l’automne dans la capitale iséroise pour dit-il ” construire un parti pour les socialistes “. En fait, pour élargir la base du Parti.
Le PSU, a compté jusqu’à 15 000 adhérents (1962 et 1971). Electoralement, le PSU n’est parvenu jamais à dépasser la barre des 2 %.
Dans les quinze ans qui suivent, le PSU décline, parvenant quand même à présenter Huguette Bouchardeau à l’élection présidentielle de 1981. Elle devient ministre de l’environnement en 1983-1984. Enfin ans les annés 80, le PSU fait la synthèse des nouvelles questions politiques qui ont émergé après 1968, l’autogestion, l’écologie dans une culture alternative. Il se dissoudra en 1989, ayant fusionné avec un courant, Nouvelle gauche dans l’Alternative rouge et verte (AREV).
Malgré un prestige intellectuel non négligeable dans les années 60 et 70, le PSU n’a jamais pu construire un véritable parti de masse. Dans ses rangs, sont passé des gens comme Jacques Sauvageot, Serge Depaquit, Pierre Bérégovoy, Jean Poperen, Gilles Martinet, Alain Geismar ou encore Charles Piaget. L’apport de ce courant est significatif dans la quête que font les socialistes d’un autre rapport à l’état et aux espaces d’interventions de la société civile.
La Convention des Institutions Républicaines
Le 13 juin 1971 à Epinay la CIR, le parti de François Mitterrand depuis 1964, a cessé d’exister pour se fondre dans un nouveau parti socialiste. La CIR est née au moment où les partis de gauche traditionnels subissaient une crise grave et se déchiraient. La CIR n’avait qu’un objectif : l’unification de la gauche non communiste, prélude à l’union de la gauche tout entière.
6 et 7 juin 1964 – Convention préparatoire des Institutions Républicaines au Palais d’Orsay, à Paris
24 et 25 avril 1965 – deuxième session de la CIR à Paris. La CIR accepte le projet de Grande Fédération de Gaston Defferre et participe aux négociations en vue de sa constitution 18 juin 1965 – échec des négociations : Gaston Defferre renonce à sa candidature à l’élection présidentielle 13 juillet 1965 – réunion, à l’initiative de la CIR, de représentants de la CIR, de la SFIO, du parti radical et des clubs 9 septembre 1965 – François Mitterrand annonce sa candidature à la présidence de la République 10 septembre 1965 – signature de la Charte de la FGDS 8 et 9 octobre 1965 – troisième session de la CIR à Paris. Ralliement officiel à la candidature de François Mitterrand 9 décembre 1965 – François Mitterrand est élu président de la FGDS 5 et 19 décembre 1965 – élections présidentielles
12 et 13 mars 1966 – quatrième session de la CIR à Lyon. François Mitterrand demande un resserrement des structures de la fédération et préconise la constitution d’in contre-gouvernement 11 et 12 juin 1966 – constitution du contre-gouvernement 11 et 12 juin 1966 – cinquième session de la CIR à Paris (politique étrangère et politique intérieure) 14 juillet 1966 – publication du programme de la FGDS 5 et 6 novembre 1966 – sixième session de la CIR à Clichy 22 décembre 1966 – déclaration commune PCF-FGDS : accord sur les désistements réciproques en vue des élections législatives (lors des précédentes élections la SFIO était engagée avec le MRP et le CNIP d’Antoine Pinay dans le Cartel des Non mais Guy Mollet avait fait une ouverture en principe sur quelques cas, entre les deux tours)
20 janvier 1967 – accords électoraux entre la FGDS et le PSU (ils permettront au PSU d’obtenir en mars 4 élus) 28 janvier 1967 – septième session de la CIR à Paris : élection d’un nouveau groupe permanent (la direction) 5 et 12 mars 1967 – succès de la gauche aux élections législatives. La CIR obtient 16 élus dont notamment Roland Dumas, Georges Fillioud, Georges Dayan, André Rousselet, Louis Mermaz, André Labarrère, Louis Périllier, Michel Dreyfus-Schmidt et Claude Estier 27 avril 1967 – le principe de la pondération de la représentation des différentes formations de la FGDS aux organismes dirigeants est adopté 11 mai 1967 – désignation du bureau politique « pondéré » de la FGDS 27et 28 mai 1967 – neuvième session de la CIR à Rennes (problèmes de l’emploi) 4 et 5 novembre 1967 – neuvième session de la CIR à Paris (politique étrangère) 15 novembre 1967 – accord au sein du bureau politique de la Fédération sur le resserrement des structures de la Fédération 16 et 17 décembre 1967 – congrès du Parti Radical à Toulouse qui approuve le projet de réforme de la Fédération
26 et 27 janvier 1968 – le congrès de la SFIO réuni à Suresnes approuve les nouvelles structures de la Fédération 3 et 4 février 1968 – le comité central élargi de de la CIR approuve les nouvelles structures 24 février 1968 – publication de la déclaration commune PCF-FGDS. Bilan des convergences et des divergences entre les deux formations (c’est l’amorce d’un programme commun) 23 et 24 mars 1968 – dixièmes assises de la CIR à Toulouse (problèmes de la région) 28 mai 1968 – conférence de presse de François Mitterrand qui préconise, eu égard à la situation, la constitution d’un gouvernement provisoire sous la direction de Pierre Mendès-France (mais le général de Gaulle de retour de Baden Baden où il a rencontré le général Massu, chef des troupes françaises stationnées en Allemagne, renonce au referendum envisagé et prononce la dissolution de l’Assemblée Nationale) 23 et 30 juin – Elections législatives. Défaite de la gauche. Malgré la présence systématique de candidats PSU la presque totalité des sortants FGDS-CIR maintiennent leurs scores au premier tour voire progressent (en particulier Georges Fillioud et André Labarrère) ; les sortants de la CIR améliorent au second tour le score de la gauche au second. Tous les sortants CIR – sauf François Mitterrand – sont néanmoins battus. 5 et 6 octobre 1968 – Onzième session de la CIR à Levallois-Perret. La CIR réclame la constitution d’un nouveau Parti Socialiste. 7 novembre 1968 – dernière réunion du comité exécutif de la FGDS. François Mitterrand démissionne de son poste de président. 23 et 24 septembre 1968 – le congrès du Parti Radical refuse de participer à la création du nouveau parti
29 et 30 mars 1969 – douzième session de la CIR à Saint-Gratien 27 avril 1969 – referendum sur la région et la réforme du Sénat. Démission du général de Gaulle. Alain Poher, président du Sénat, deviendra Président par intérim avril-mai 1969 – graves divergences entre la SFIO et la CIR sur le choix d’un candidat de gauche à l’élection présidentielle (« l’opération Stop-Mitterrand » décrite par l’universitaire Roger-Gérard Schwartzenberg, futur député et ministre radical de gauche) 4 mai 1969 – le congrès d’Alfortville , congrès constitutif du nouveau parti socialiste, se tient sans la CIR. Il désigne Gaston Defferre comme candidat à l’élection présidentielle 1er juin 1969 – premier tour de l’élection présidentielle : Gaston Defferre obtient 5% des voix (un certain nombre d’élus socialistes ont voté et fait voter pour Alain Poher dès le premier tour) 11 au 13 juillet 1969 – congrès d’Issy-les-Moulineaux et constitution définitive du nouveau parti socialiste avec la SFIO, la majeure partie de l’UCRG (Union des clubs pour le renouveau de la gauche, d’Alain Savary et Pierre Bérégovoy) et de l’UGCS (Union des Groupes et Clubs Socialistes, de Jean Poperen) et quelques conventionnels dissidents (André Labarrère, Michel Dreyfus-Schmidt) 6 et 7 décembre 1969 – treizièmes assises de la CIR à Saint-Denis. La CIR réitère ses propositions en vue de l’unification des socialistes. Elle accepte de mener avec le PSU des actions communes à la base. François Mitterrand propose un plan pour l’élaboration d’un Contrat Socialiste
23 et 24 mai 19670 – quatorzième session de la CIR à Saint-Fons. Discussion du Contrat Socialiste novembre – journées nationales de la CIR à Château-Vhinon ? François Mitterrand relance l’idée d’une unification des socialistes et préconise la fusion du parti socialiste et de la CIR 12 et 13 décembre 1970 – quinzième session de la CIR à suresnes. Les conventionnels approuvent par 587 mandats contre 102 les propositions de François Mitterrand 17 décembre 1970 – première réunion de la Délégation nationale pour l’unification des socialistes
1er février 1971 – la Délégation nationale rend publique un « appel pour l’union des socialistes » et les règles de préparation du congrès d’unification 16 mai 1971 – journée de la CIR à Vienne, dans l’Isère. Etude des propositions relatives aux structures du nouveau parti 11 au 13 juin 1971 – congrès d’unification des socialistes à Epinay-sur-Seine
Au lendemain du congrès d’Epinay, François Mitterrand sera Premier Secrétaire, Claude Estier, secrétaire national à la presse, Georges Fillioud, secrétaire national à l’organisation et à la propagande et Pierre Joxe Secrétaire national à la Formation
Le Parti Socialiste, de 1971 à nos jours
François Mitterrand d’Epinay à l’Elysée
En 1971 le congrès d’Epinay a fait, après quelques errements passés, le choix de l’union de la gauche. Premier Secrétaire de 1971 à 1981 François Mitterrand a méticuleusement construit un nouveau parti et l’a préparé à l’exercice des responsabilités gouvernementales. D’un parti largement dominé par le PC il a réussi à faire le le premier parti de la gauche et le premier parti de France.
1971 :
11 au 13 juin : congrès de l’unité des socialistes 16 juin : François Mitterrand est élu Premier secrétaire 7 juillet : première rencontre avec le PCF 20 juillet : participation du PS à la journée unitaire contre la guerre du Viet Nam 6 et 7 novembre : conférence nationale « Socialisme et Culture » avec Edmonde Charles-Roux, Paul Guimard, Claude Manceron … 11 et 12 novembre : François Mitterrand rencontre Fidel Castro et Salvador Allende au Chili 18 novembre : premier numéro de « Combat Socialiste » 18 et 19 décembre : le Comité Directeur examine le projet de programme du PS
1972 :
janvier : parution du premier numéro de « L’Unité » (hebdomadaire du parti, dirigé par Claude Estier) 11 et 12 mars : Convention Nationale de Suresnes ; adoption du Programme du PS : « Changer la vie » 16 mars : le PS propose au PCF d’ouvrir des négociations sur le Programme commun 26 mars : Convention Nationale de Suresnes, appel à l’abstention ou au vote nul lors du referendum du 23 avril sur l’Europe 24 juin : le Comité Directeur examine le projet de Programme commun 27 juin : accord au sommet sur le Programme commun 2 juillet : création de la Fédération des élus socialistes 9 juillet : la Convention Nationale approuve le Programme commun de gouvernement de la gauche 12 juillet : signature officielle par le PS, le PCF et la minorité du Parti Radical (futur MRG) octobre : parution du premier numéro du « Poing et la Rose » (bulletin interne adressé à l’ensemble des membres du parti) 14 octobre : création d’un comité permanent de liaison de la gauche 17 octobre : publication de la nouvelle édition de Programme du Parti, augmenté du Programme commun 31 octobre : première réunion du comité de liaison 1er décembre ; meeting unitaire pour le Programme Commun, à Paris, Porte de Versailles
1973 :
février : reparution de « La Revue Socialiste » sous la direction de Pierre Joxe 4 et 11 mars : élections législatives. L’UGSD (Union de la Gauche socialiste et démocrate, PS et MRG) dépasse le PCF 22 au 24 juin : Congrès de Grenoble (première session du Congrès ordinaire). Lionel Jospin entre au Secrétariat National 23 et 30 septembre : élections cantonales, poussée du PS 15 et 16 décembre : congrès national extraordinaire sur l’Europe, à Bagnolet
1974 :
23 et 24 mars : Congrès National sur la réforme des statuts à Suresnes (seconde session du Congrès ordinaire) avril : premier numéro de la Nouvelle Revue Socialiste (Maurice Benassayag, rédacteur en chef) 8 avril : Congrès extraordinaire : François Mitterrand désigné, à l’unanimité, candidat à l’élection présidentielle (suite à la mort du président Georges Pompidou) 5 et 19 mai : élections présidentielles ; élection de Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand obtient 49% des suffrages septembre : lancement de la souscription « pour acheter la maison du Parti » octobre : premier numéro du bulletin « Armée Nouvelle ». Elections législatives partielles favorables au PS. Début de la polémique du PCF contre le PS. 12 et 13 octobre : Assises nationales pour le socialisme » à Paris (adhésion de Michel Rocard et d’un certain nombre de militants PSU, associatifs ou syndicalistes, souvent proches de la CFDT) décembre : inauguration du nouveau siège, 7 bis, Place du Palais Bourbon
1975 :
janvier : premier numéro de « L’Unité Agricole » 31 janvier au 2 février : Congrès de Pau 3 et 4 mai : Convention Nationale sur les relations PS-PCF (rapport Jospin) 15 mai : premier numéro du bulletin de presse « PS info » 22 et 23 mai : rencontre des leaders des PS de l’Europe du sud 5 et 6 juin : entretiens sur l’économie à Suresnes (« Les réponses socialistes à la crise du capitalisme », avec Stephen A. Marglin et John Kenneth Galbraith, professeurs d’économie à Harvard, Oleg Bogomolev, directeur de l’Institut d’économie du système socialiste mondial, URSS, Wassily Léontieff, prix Nobel d’économie, François Perroux, professeur d’économie au Collège de France et Bronislaw Minc, universitaire polonais) 21 et 22 juin : Convention Nationale sur l’autogestion 23 juin : grand meeting socialiste à Paris 12 et 19 octobre : élection législative partielle de Châtellerault (candidature d’Edith cresson soutenue sur le terrain par les dirigeants et de nombreux parlementaires) 6 novembre : premiers « Entretiens du Jeudi » au siège du parti, destinés aux sympathisants et aux nouveaux adhérents 5 décembre : premier numéro du « Poing et la Rose-responsables » (bulletin interne destiné aux cadres du parti)
1976 :
10 janvier : première réunion des premiers secrétaires fédéraux 24 et 25 janvier : conférence des PS d’Europe du Sud , à Paris 14 et 15 février : conférence nationale du PS sur la santé 24 au 28 février : voyage de François Mitterrand en Algérie à l’invitation du FLN 7 et 14 mars : élections cantonales (le PS gagne 194 sièges, le PCF 75) 24 et 25 avril : conférence des sections et groupes d’entreprises à Massy (Essonne) 15 et 16 mai : Congrès national extraordinaire à Dijon (préparation des prochaines élections municipales) 3 juin : première édition du journal téléphoné « Allo PS » 5 au 8 juin : colloque PS-PC d’Union Soviétique, à Moscou, sur la crise économique 12 octobre : Forum de l’expansion sur « les socialistes face aux réalités économiques » 26 au 31 octobre : voyage de François Mitterrand en Israël 17 décembre : colloque sur « les femmes et le socialisme »
1977 :
13 et 21 mars : élections municipales ; l’opposition gagne 55 villes de plus de 30 000 habitants. La gauche dirige désormais 156 des principales villes de France (81 PS, 72 PCF) 21 avril : réunion des maires socialistes de grandes villes de France, à Dreux (dont Françoise Gaspard est devenue maire) 23 et 24 avril : séminaire de l’ISER (Institut de Recherche et d’Education Socialiste) sur « l’expérience suédoise », en présence d’Olof Palme 7 et 8 mai : 2e conférence des PS d’Europe du Sud, à Madrid 12 mai : face à face télévisé entre François Mitterrand et le Premier Ministre Raymond Barre, perturbé par la publication par le PCF de son chiffrage du Programme commun 17 mai : réunion au sommet PS-PCF-MRG et constitution du « groupe des quinze » pour actualiser le Programme commun 17 au 19 juin : Congrès de Nantes ; le PS accueille Felipe Gonzalez, vainqueur des récentes élections espagnoles ; présentation du nouvel hymne du PS « Changer la vie », en présence de son auteur Mikis Théodorakis 14 novembre : rencontre au sommet interrompue par le départ du MRG 21 au 23 novembre : échec et rupture des négociations sur l’actualisation du Programme commun
1978 :
6 janvier : entretien à Paris entre François Mitterrand et Jimmy Carter, président des Etats-Unis d’Amérique 7 et 8 janvier : Convention Nationale sur la défense 15 janvier : Convention Nationale sur les problèmes féminins 12 mars : premier tour des élections législatives ; le PS à lui seul devient le premier parti à gauche pour la première fois lors d’une élection nationale 13 mars : accord PS-PCF-MRG 19 mars : second tour des élections législatives ; échec de la gauche malgré le replâtrage tardif entre les 3 partis 28 mars : François Mitterrand est reçu à l’Elysée 30 mars : séminaire du Secrétariat National à Suresnes 5 juillet : François Mitterrand est reçu à l’Elysée (sur l’Europe) 8 juillet : le Comité Directeur unanime approuve une déclaration du Premier Secrétaire pour l’unité du parti 21 et 22 novembre : journées nationales du PS sur l’éducation et sur l’immigration. Adoption du manifeste européen par le Comité Directeur
1979 :
6 février : Convention Nationale sur le Projet Socialiste 18 et 25 mars : élections cantonales ; l’opposition obtient 54% des suffrages et gagne 189 sièges dont 154 pour le PS 6 au 8 avril : Congrès de Metz 25 mai : rassemblement à Paris des dirigeants socialistes européens, Fête du Printemps de l’Europe socialiste au Trocadéro (organisée par Jack Lang), avec notamment Willy Brandt, Mario Soares, Mélina Mercouri, Anker Jorgensen (premier ministre social-démocrate de Norvège) … 10 juin : premières élections européennes à la représentation proportionnelle nationale (le PS obtient 23, 55% des voix) 28 juin : intervention de la police 12 cité Malesherbes, à la suite de l’émission de la radio libre « Radio Riposte ». La police expulse les élus et les militants présents. François Mitterrand et d’autres parlementaires seront inculpés le 24 août 20 août : discours de François Mitterrand à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), appel au développement d’actions unitaires à la base
1980 :
12 et 13 janvier : Convention Nationale sur le Projet Socialiste, « Pour la France des années 80 » 26 et 27 avril : Convention Nationale sur la situation internationale 28 avril : rassemblement national pour les libertés organisé par lez PS contre le projet d’Alain Peyrefitte « Sécurité et liberté » 31 mai et 1er juin : Convention Nationale sur la jeunesse 8 novembre : Comité Directeur, annonce de la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles 23 et 30 novembre : 7 élections législatives partielles ; le PS conserve ses 2 sièges et en gagne 2 autres 8 au 12 décembre : voyage de François Mitterrand aux Etats-Unis
1981 :
24 janvier : Congrès extraordinaire de Créteil. François Mitterrand candidat du parti à l’élection présidentielle. Lionel Jospin devient le Premier secrétaire. Premier grand meeting du candidat, Porte de Versailles, à Paris, le soir même 8 au 17 février : Voyage en Chine de François Mitterrand avec Lionel Jospin et Gaston Defferre 7 mars : François Mitterrand commence sa campagne à Beauvais 24 avril : dernier meeting de François Mitterrand à Toulouse 26 avril : premier des élections présidentielles 5 mai : débat télévisé entre François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing 10 mai : second tour de l’élection présidentielle, François Mitterrand est élu Président de la République. Fêtes de rues et manifestations spontanées dans la plupart des villes de France, en particulier Place de la Bastille, à Paris, où se rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Les congrès des années 70
De 1971 à 1981, le Parti socialiste, reconstruit, se prépare à la conquête du pouvoir. Ses congrès rythment cette marche par l’adoption de propositions qui constitueront le projet socialiste qui convainc une majorité de Français au printemps 1981. Congrès d’Alfortville : 4 mai 1969
Le nouveau Parti socialiste succède à la SFIO lors du congrès constitutif d’Alfortville, le 4 mai 1969. Gaston Defferre est désigné comme candidat à l’élection présidentielle de 1969.
Congrès d’Issy-les-Moulineaux : 11-12 et 13 juillet 1969
Alain Savary devient le premier secrétaire du Nouveau Parti Socialiste. Dans un contexte marqué par la division de la gauche à l’élection présidentielle de 1969, la Convention des institutions républicaines (CIR) ne participe pas à ce congrès. Le nouveau Parti socialiste, tout en étant favorable à l’union de la gauche, n’est toutefois pas prêt à une discussion programmatique avec le PCF. Jean Poperen, qui avait été exclu du PSU, rejoint le nouveau PS.
Congrès d’Épinay : 11-12 et 13 juin 1971
Ce congrès est celui de l’unification des socialistes : NPS, Convention des institutions républicaines et un certain nombre de nouveaux adhérents comme l’ancien MRP Robert Buron. Une nouvelle majorité se dessine, d’abord sur le choix de la représentation proportionnelle quasi-intégrale (seuil à 5%), contre un système plus compliqué, avec prime majoritaire et élimination des petites motions, préconisé par la direction sortante. La coalition Mauroy- Defferre-Mitterrand-CERES (51,26 % des mandats) l’emporte à nouveau lors du vote final sur celle de Savary-Mollet-Poperen (48,73 % des mandats). Concernant l’union de la gauche, la première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l’élaboration d’un programme de gouvernement ; c’était aussi un choix tactique qui devait favoriser une dynamique politique au bénéfice des socialistes. La seconde coalition posait en préalable l’instauration d’un dialogue idéologique avec le PCF. François Mitterrand devient Premier secrétaire grâce au ralliement de la gauche du parti (CERES) et à l’appui de deux puissantes fédérations : les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF. La motion finale se réfère à la stratégie d’union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs. Epinay marque le véritable départ du PS et renoue avec la synthèse traditionnelle du socialisme français : anticapitalisme, confiance dans l’action réformatrice de l’Etat, humanisme…
Convention de Suresnes : 11 mars 1972
Le PS adopte son programme “changer la vie” qui renouvelle le projet socialiste et lui donne une dimension autogestionnaire (construction du socialisme par l’articulation entre le mouvement “d’en haut” et le mouvement “d’en bas”). Les débats sur les institutions, l’Europe, l’autogestion et le contrôle, le retrait de la France de l’OTAN… sont tranchés par le vote. Le Programme commun est signé le 27 juin 1972 entre le PS et le PCF est le premier du genre signé par les deux partis depuis le congrès de Tours. Il sera contresigné par le MRG peu de temps après.
Congrès de Grenoble : 22 au 24 juin 1973
La motion de François Mitterrand obtient à elle seule 65,35 % au vote indicatif (Mitterrand, Mauroy, Savary), le CERES obtenant 21,02 %, la motion Mollet 8 % et la motion Poperen 5 %. Les affrontements sont vifs mais la synthèse est réalisée. Le Premier secrétaire rallie la quasi- unanimité du parti, à l’exception des molletistes, lors du vote final : sa motion “Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable” obtient 92 % des mandats. La ligne d’Epinay est réaffirmée.
Convention extraordinaire de Bagnolet : 15 et 16 décembre 1973
Cette convention débat de la construction européenne. François Mitterrand doit mettre sa démission dans la balance pour obtenir gain de cause : le texte qu’il propose, favorable à la construction européenne, est adopté à l’unanimité.
Convention de Suresnes : 23 et 24 mars 1974
Cette convention est consacrée à la réforme des statuts : création des sections d’entreprises, mode d’élection des dirigeants à la proportionnelle, institution d’un quota féminin (10 %)…
Les assises du socialisme : 12 et 13 octobre 1974
Ces assises ont lieu dans la dynamique de l’élection présidentielle de mai 1974, où François Mitterrand a frôlé la victoire. Elles marquent l’ouverture du Parti socialiste à la majorité de la direction du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) et à des personnalités de la CFDT (Jacques Cherèque, Pierre Héritier) ainsi qu’à la “troisième composante” (vie nouvelle, GAM, Objectif socialiste…). Après le congrès d’Epinay, ces assises achèvent, pour l’essentiel, l’unification de la famille socialiste.
Le congrès de Pau : 31 janvier - 12 février 1975
Le PS se dit prêt à appliquer seul le programme commun, dans le cas d’une rupture de l’union de la gauche à l’initiative du PCF. Le CERES (25 % des mandats) entre dans la minorité. La majorité se regroupe ainsi : François Mitterrand, Gaston Defferre, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean Poperen, Alain Savary. La minorité est dirigée par Jean-Pierre Chevènement et les animateurs du CERES. Il y a donc rupture de la coalition d’Epinay. Le “courant des assises” (rocardiens) se compte à l’aide de “l’amendement Martinet” mais il fait le choix de l’intégration dans la majorité. Le comité directeur (CD) compte désormais 130 membres. Sont également créés des postes de délégués nationaux pour seconder les secrétaires nationaux.
Convention nationale sur l’autogestion : 3 et 4 mai 1975
Les Quinze thèses pour l’autogestion, élaborées au sein d’une commission de travail, sont adoptées à l’unanimité par la convention. La convention ne reprend pas l’amendement additionnel (Seizième thèse) présenté par le CERES sur “l’initiative autonome des masses”. Ces Quinze thèses tournent autour de l’articulation du “mouvement d’en haut” et du “mouvement d’en bas”.
Congrès extraordinaire de Dijon : 14 et 15 mai 1976
Ce congrès extraordinaire a pour objet les relations PS/PCF dans la perspective des élections municipales de mars 1977. Il prévoit le principe de l’union de la gauche, sauf dans quelques situations particulières et en cas d’exigences excessives du PCF. Il y a donc un rejet des alliances de “troisième force”, encore en vigueur dans un bon tiers des villes lors des élections municipales de 1971.
Congrès de Nantes : 17 et 18 juin 1977
Le congrès a lieu au lendemain des élection municipales marquées par un vrai raz de marée en faveur des listes de gauche. L’alternance paraît proche et inévitable. Michel Rocard lance un débat sur les “deux cultures” qui traversent la gauche française. La majorité sort renforcée sur la ligne de la réaffirmation de l’union de la gauche. La motion Mitterrand obtient plus de 75 % des voix. Le CERES reste dans la minorité sur la base d’orientations radicales : rupture avec le capitalisme “en 100 jours”, nationalisations étendues, hausse importante du SMIC… Les congressistes découvrent le premier hymne du parti, paromes d’Herbert Pagani et musique de Mikis Théodorakis, “Changer la vie”.
Congrès de Metz : 6-8 avril 1979
L’enjeu de ce congrès est double : au delà du choix de la ligne politique se profile le choix à venir du candidat à la prochaine élection présidentielle. Parmi les points de débats : la conception de l’alliance avec les communistes après la rupture de 1977 : Pierre Mauroy et Michel Rocard souhaitent une démarche plus autonome pour le Parti socialiste, François Mitterrand estime que l’autonomie du PS, c’est de “tenir bon” et d’être “unitaire pour deux” même le le PC semble refuser l’union. Autres points de débat, l’évaluation du rôle du marché et des mécanismes de régulation économique, le degré de rupture avec l’ordre économique. Lors du vote final au congrès, la motion Mitterrand obtient 46,99 %, la motion Rocard 21,26 %, la motion Mauroy, 16,01 %, le CERES 14,4 %. Une première synthèse est réalisée au congrès entre les motions Mitterrand et Defferre qui atteignent presque la majorité absolue ; le CERES rejoint la synthèse après le congrès pour former avec Mitterrand la majorité du parti. Les courants Rocard et Mauroy constituent désormais les minorités du parti.
Convention nationale d’Alfortville : 12-13 janvier 1980
Elle procède à l’adoption du projet socialiste pour les années 80. Divisé en trois parties - comprendre, vouloir, agir - le projet socialiste doit orienter l’action des socialistes pour les années 80. Rupture avec le capitalisme et stratégie d’union de la gauche, volonté de s’affranchir de la logique du marché et des contraintes extérieures, affirmation de la souveraineté nationale face au processus d’intégration européenne et à la puissance américaine, le texte soumis aux militants est marqué par le volontarisme politique et économique ; il réunit 96 % des suffrages.
Les congrès des années 80
Dans les années 80, la question pour le Parti socialiste est son rapport au pouvoir. Un grand nombre des 110 propositions sont réalisées, élu en 1981, François Mitterrand est réélu et le Parti socialiste reste le premier parti de France.
Congrès extraordinaire de Créteil : 24 janvier 1981
François Mitterrand est désigné à l’unanimité comme candidat à l’élection présidentielle. Lionel Jospin devient Premier secrétaire du Parti socialiste. Ratification des 110 propositions du candidat, inspirées du projet socialiste.
Congrès de Valence : 23 au 25 octobre 1981
Motion unanime présentée par le nouveau Premier secrétaire. Débat autour du rôle du parti dans le changement, ainsi que sur la notion de compromis (compromis entre “le pouvoir économique et le pouvoir socialiste”, compromis entre les “forces du changement et les forces de conservation”). L’adoption de cette notion marque le choix d’une transformation graduelle du système économique et de la société française.
Congrès de Bourg en Bresse : 28 au 30 octobre 1983
La motion Jospin obtient 77%, le CERES, 18% et la motion Richard- Lienemann, 5%. Les débats portent sur la politique économique suivie par le gouvernement depuis 1982 et surtout depuis mars 1983 : continuité, inflexion ou rupture par rapport à 1981 et au projet socialiste rédigé en 1980 ? Le CERES se bat pour une “autre politique” alors qu’Alain Richard et ses amis tentent de théoriser le virage de la rigueur (”du bon usage de la rigueur”). Le débat se termine par une synthèse générale et le parti apporte son soutien résolu à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy. A la fin du congrès, le Premier ministre annonce les lois sur l’enseignement privé et sur les concentrations dans la presse.
Convention nationale d’Evry : 15 et 16 décembre 1984
Cette convention nationale a pour thème : la “modernisation et le progrès social”. Un certain nombre de débats sont ouverts : l’aménagement du temps de travail, le financement de la sécurité sociale… ainsi est avancée l’idée d’asseoir un prélèvement sur tous les revenus pour financer la sécurité sociale.
Congrès de Toulouse : 11 au 13 octobre 1985
La motion Jospin obtient 71,5% des mandats et la motion Rocard 28,5%. Ce congrès débat de la modernisation théorique du parti et de l’évolution de la pratique gouvernementale du PS après 4 ans de gouvernement de la gauche et le départ du parti communiste de ce gouvernement en 1984. La majorité conduite par Lionel Jospin et la minorité conduite par Michel Rocard parviennent à une synthèse. Le parti soutient l’effort mené par la politique de rigueur et de modernisation du gouvernement dirigé par Laurent Fabius. C’est lors de ce congrès qu’est présentée et retenue l’idée d’un revenu minimum garanti.
Congrès de Lille : 3 au 5 avril 1987
Motion unanime rassemblant tous les courants. Le parti rejette toute idée de dérive centriste. Les anciens premiers ministres, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, et les anciens ministres Pierre Bérégovoy, Jack Lang, Edith Cresson, Henri Emmanuelli ainsi que Louis Mermaz reviennent au secrétariat national. L’idée d’un crédit-formation, offrant une deuxième chance aux exclus du système scolaire, figure dans la motion finale.
Convention nationale de Paris : 16 et 17 janvier 1988
Adoption du texte intitulé “Propositions des socialistes” pour l’élection présidentielle qui recueille 90 % des suffrages ; après de longs débats sur l’opportunité de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de victoire du candidat de la gauche à la présidence de la République, il est décidé d’en laisser l’appréciation à celui-ci.
La gauche au pouvoir 1981-1986
Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Le 16 mars 1986, la gauche perd les élections législatives. Pendant ces cinq années, les socialistes gouvernent la France.Le 10 mai 1981, l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l’histoire du socialisme français. C’est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour le PS : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.
Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, des mesures importantes conformes aux 110 propositions du candidat Mitterrand sont adoptées (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, etc.). Mais rapidement, la crise économique internationale et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de “rigueur économique”. Ces décisions découlent du choix fondamental de l’économie ouverte et de la construction européenne.
Les effets positifs de cette politique qui privilégie le renforcement de notre économie se font peu à peu sentir, sauf sur le front du chômage (ce qui entraîne une baisse de la popularité des socialistes). Ceux-ci enregistrent de sévères reculs lors des élections municipales de 1983 et européennes de 1984. Cette même année, les manifestations en faveur de l’école privée contribuent à affaiblir le gouvernement et le PS. Le PCF critique de plus en plus nettement la politique du gouvernement auquel il participe. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer. Il définit une politique qui allie la modernisation et la solidarité.
Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l’évolution idéologique et politique du parti. Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais réalisent un bon score (32 % des voix). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c’est la “cohabitation”. Le Parti socialiste est dans l’opposition … mais avec un président de la République qui reste à son poste et n’entend pas demeurer “inerte”.
La gauche au pouvoir après 1988
La cohabitation a tourné court. Le tournant libéral voulu par Chirac jette des millions de personnes dans la rue. Un printemps étudiant fleurit même en hiver avec le mouvement contre la loi Devaquet. A la première occasion, les Français sanctionnent le gouvernement Chirac.En 1988, François Mitterrand, à l’issue d’une campagne offensive, est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la “France unie”, se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d’ouverture, issues de la ” société civile” et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu Premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s’opposer durement les partisans de la motion I (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l’unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l’ensemble des courants qui s’étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.
Pierre Mauroy mène à bien une double modernisation :
Une modernisation statutaire et une réactualisation de la déclaration de principes au congrès de Rennes. Une modernisation idéologique avec le congrès de l’Arche consacré au projet socialiste. Par ailleurs, le PS se dote de nouveaux outils : création de la Fondation Jean Jaurès, du Centre Condorcet et de l’hebdomadaire “Vendredi”. Entre 1988 et 1992, le président de la République et les gouvernements de Michel Rocard (mai 1988 - juin 1991) puis d’Edith Cresson (juin 1991 - mars 1992) ont donné, à l’extérieur, la priorité à la construction européenne et à la définition d’un nouvel ordre international, après la fin de la guerre froide, l’effondrement du communisme en Europe et l’épreuve de la guerre du Golfe. A l’intérieur, les gouvernements se sont attachés à remplir les engagements pris par François Mitterrand en 1988 dans la “Lettre à tous les Français”.(cf chapitre consacré au Bilan).
1993-1998 : de la défaite au rebond
Après dix ans d’exercice du pouvoir le Parti socialiste traverse une crise dont il ressort après un cycle de réflexion et de changements. Etats généraux ou Assises de la transformation remettent le PS en phase avec le reste de la gauche. Les succès électoraux de 1995 et la dissolution manquée confirment le rebond des socialistes.Le parti socialiste, bien que restant le premier parti à gauche, prend conscience de la nécessité de sa remise en cause et de sa reconstruction pour redresser son influence dans son électorat et notamment dans les milieux populaires. Lors du comité directeur du 3 avril 1993 qui suit la défaite aux élections législatives, une majorité des membres du comité directeur décide la démission collective de la direction et élit Michel Rocard Président du parti. Une direction provisoire se met en place et décide la réunion d’états généraux du parti. Quelques jours plus tard, le parti socialiste subit un deuil cruel lorsque le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy choisit de se donner la mort.
Aux états généraux de Lyon, en juillet 1993, la parole est donnée aux militants et sympathisants sur le bilan, le projet, la stratégie et le militantisme aujourd’hui. Les fédérations envoient 2358 délégués (militants et sympathisants) à Lyon. La procédure, inédite, est une réussite, et le rapport final est approuvé à la quasi-unanimité. Les états généraux confirment l’unité du parti remobilisé, sa stratégie de rassemblement à gauche et un redéploiement dans les réseaux associatifs et professionnels.
Au congrès du Bourget, en octobre 1993, trois textes sont soumis aux militants. La motion “Refonder” présentée par Michel Rocard, propose des options différentes sur cinq questions (réduction du temps de travail, commerce international, institutions européennes, institutions, mode de scrutin) sur lesquelles seuls les militants votant pour ce texte se prononcent. Elle obtient 83% des voix. Les deux autres motions défendues respectivement par Jean Poperen et Louis Mermaz obtiennent 11% et 6%. Le parti définit son programme sur trois thèmes principaux “réduction du temps de travail - nouvelle donne européenne - égalité continue des chances ” et s’engage dans la préparation des Assises de la transformation sociale. Son Premier secrétaire est élu pour la première fois par les congressistes et non plus par le comité directeur. Michel Rocard, confirmé à la direction du Parti par 80,92 % des votes du congrès, annonce qu’il conduira la liste socialiste aux élections européennes, sur laquelle la parité “un homme - une femme” sera respectée. Le redressement marqué par les élections cantonales de mars 1994 ne se confirme pas aux élections européennes de juin. La liste conduite par Michel Rocard n’obtient que 14,6 % des voix, talonnée par la liste de Bernard Tapie. Au conseil national du 19 juin, Michel Rocard est mis en minorité et un nouveau Premier secrétaire, Henri Emmanuelli, est élu. Il est confirmé par le vote des délégués au congrès de Liévin en novembre 1994. La motion présentée par Henri Emmanuelli recueille 92,15 % des voix contre une motion défendue par de jeunes militants, qui regroupe 7,85 % des voix. Henri Emmanuelli met en avant une volonté d’opposition au libéralisme dominant. Mais ce même congrès de Liévin, marqué à gauche, est également dominé par la perspective d’une candidature de Jacques Delors, encore président de la Commission européenne. En marge du congrès, François Mitterrand fait en quelque sorte ses adieux au parti et l’engage à rester fidèle à la ligne de l’union de la gauche.
En décembre, le retrait de Jacques Delors ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l’histoire, deux candidats à la candidature s’affrontent : Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui sont départagés par un vote direct et secret des militants. Le vote avantage largement Lionel Jospin. Ce dernier se trouve investi lors d’une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Trouvant un ton juste, alliant volonté réformatrice et réalisme, réclamant un “droit d’inventaire” sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix et à regrouper 47,3 % des suffrages au second tour. Ce succès relatif permet de mettre en place les conditions d’un renouvellement pour le Parti socialiste. Quittant la Présidence de la République, François Mitterrand encourage les socialistes à affronter le cycle politique qui s’ouvre. Il meurt quelques mois plus tard, le 8 janvier 1996, salué par une imposante manifestation populaire, Place de la Bastille.
Sa période nouvelle est d’abord marquée par un changement de direction. En juin 1995, Henri Emmanuelli propose de s’effacer et de laisser à Lionel Jospin la responsabilité de conduire les socialistes. Celui-ci accepte à la double condition de réaliser l’unanimité des composantes du parti et pouvoir mener à bien une rénovation approfondie des idées et des structures. Une commission de rénovation se met en place et travaille tout l’été. Elle propose un programme de réformes. Celui-ci, comme l’élection de Lionel Jospin, Premier secrétaire, est soumis au vote direct et secret des militants lors de la Convention nationale du 14 octobre 1995. L’année 1996 voit le Parti socialiste tenir trois importantes conventions pour redéfinir son projet et préciser ses orientations programmatiques. Sa première s’est tenue les 30 et 31 mars sur “la mondialisation, Europe et la France”, la seconde, les 29 et 30 juin, sur “les acteurs de la démocratie” et la troisième, les 14 et 15 décembre 1996, a élaboré “nos propositions économiques et sociales”.
Le Parti ayant ainsi posé les bases d’un programme d’alternance politique pour les élections législatives de 1998, désigne ses candidats en mars 1997, avec une volonté de renouvellement et d’élargissement comme le montre la place faite aux femmes. Après la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997, le Parti socialiste est prêt pour faire face aux échéances. Après un premier tour favorable le 25 mai, la gauche obtient le 1er juin 1997 la majorité à l’Assemblée nationale avec les élus du Parti socialiste, du Parti communiste, des Radicaux de Gauche, des Verts et du Mouvement des Citoyens (la Gauche Plurielle)
Lionel Jospin est appelé par le Président de la République à former le Gouvernement, où toutes les composantes de la Gauche parlementaire sont représentées. Une nouvelle période de “cohabitation” commence. François Hollande succède à Lionel Jospin comme Premier secrétaire délégué du Parti. A la suite du Congrès de Brest en Novembre 1998, il est élu Premier secrétaire par les militants et un programme d’action est adopté pour les trois ans à venir, à la fois pour renouveler la doctrine socialiste et pour rénover ses pratiques et ses structures politiques.
Le Parti socialiste de 1997 au 29 mai 2005
Le divorce avec le pays n’a jamais eu lieu quoiqu’en disent certains. Malgré l’usure du pouvoir et l’échec de 93, les Français en 1995 avait porté la gauche avec Lionel Jospin en tête au premier tour de l’élection présidentielle. Cette « remontée » est confirmée en 1997 lorsque Jacques Chirac, conseillé alors par un certain Dominique de Villepin, décide de dissoudre l’Assemblée nationale. Les socialistes, au sein de la gauche plurielle, emmenés par Lionel Jospin parviennent à battre la droite et à former un gouvernement qui va durer cinq ans. Lionel Jospin, Premier ministre permet pour la première fois à des Verts d’exercer des fonctions ministérielles.
La croissance économique au rendez-vous est stimulée et renforcée par une politique de gauche qui tranche avec 4 ans de conservatisme rigide et deux millions d’emplois sont ainsi créés. Le chômage recule. Les 35 heures, les emplois jeunes, la couverture maladie universelle, la police de proximité, le vote du PACS, la loi sur la parité, le passage réussi à l’euro, l’allocation personnalisée d’autonomie, autant de mesures qui réconcilient les Français avec l’idée qu’une politique de gauche peut changer le cours des choses et « que l’on tient bien ce que l’on dit ».
Mais, la dégradation de la situation intérieure avec notamment la montée de l’insécurité, de la violence exploitée par la droite, une période de « pré campagne » « particulièrement dure et angoissante » entre le « 11 septembre », « AZF » ou l’assassinat d’élus à Nanterre, puis pendant la campagne la multiplication des candidats, quelques erreurs stratégiques sur fond de montée des revendications sectorielles conduisirent à la défaite de Lionel Jospin, candidat du Parti socialiste, dès le premier tour de l’élection présidentielle. Les Socialistes, comme le reste des Français doivent choisir entre leur adversaire et leur ennemi. Entre Chirac et Le Pen. Ils feront leur devoir de démocrates
Les socialistes sont traumatisés par cette crise. Disqualifiés au premier tour comme en 1969 alors qu’ils ont changé la France comme jamais depuis 1981. Entre 2002 et 2003, les socialistes tirent donc le bilan de leur action au gouvernement tout en jouant leur rôle d’opposition. Lors du congrès de Dijon qui se tient en 2003, l’orientation de François Hollande est soutenue par les militants, face aux courant « Nouveau monde » d’Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et Alain Vidalies et « Nouveau Parti socialiste » d’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon.
Les socialistes parviennent à convaincre qu’ils sont une alternative crédible en remportant une victoire historique au printemps 2004 lors des élections régionales et cantonales puis lors des élections européennes. La quasi-totalité des 26 régions de France et la moitié des départements élisent un ou une président(e) socialiste. 31 eurodéputés socialistes représentent désormais la France au Parlement européen et constitueront la première force du groupe socialiste.
Cette année 2005 verra le PS célébrer à plusieurs reprises son « centenaire » et s’engager dans des auditions et réflexions avec la « société civile » en prévision de notre projet.
A l’automne de la même année, le PS se lance dans une innovation démocratique qui sera observée dans l’ensemble du pays. Un débat militant de deux mois sur le Traité constitutionnel européen qui doit être adopté bientôt par référendum dans le pays. Le 1er décembre les militants socialistes votent à 58 % pour que le PS fasse campagne en faveur du « oui ». Cette orientation, ce vote éminemment démocratique sont cependant « bafoués » par certains responsables, c’est une « première dans l’histoire de notre parti centenaire » qui provoque une crise. Ce choix politique du PS n’est pas suivi par une majorité de Français qui, le 29 mai 2005, rejettent le traité constitutionnel.
2005, le socialisme a 100 ans
Nos idées ont profondément marqué la société au long du XXème siècle. Elles trouvent leur origine comme le disait Léon Blum de la « conscience de l’égalité humaine ».Le centenaire des socialistesLe socialisme est né du « contraste entre le faste des uns et le dénuement des autres, entre le labeur accablant et la paresse insolente. Il n’est pas le produit de l’envie, qui est le plus bas des mobiles humains, mais de la justice et de la pitié, qui sont les plus nobles ».De Jaurès à Jospin, les socialistes ont imposé une autre vision de la société, plus juste et plus solidaire. Sans la gauche, je laisse chacun imaginer ce que serait le visage de la France et plus largement celui de l’Europe aujourd’hui.
Mais notre combat ne s’est pas éteint après nos premières victoires. La gauche demeure tout à la fois une espérance et le moyen de défendre les droits acquis que la droite remet en cause avec l’esprit de système. Une fiscalité plus équitable contre une baisse inégalitaire des impôts, la promotion et l’émancipation de tous par l’éducation tout au long de la vie contre une école à deux vitesses, l’accès de tous aux soins et la sauvegarde de notre système de protection sociale contre la privatisation de l’assurance-maladie, une politique volontariste pour l’emploi contre l’abandon des salariés à la seule bonne volonté du patronat, l’approfondissement des mécanismes de citoyenneté en rendant notre démocratie plus participative contre la professionnalisation de la vie politique, la défense de la laïcité contre toutes les formes de communautarisme, la lutte pour l’égalité de tous contre toutes les discriminations raciales et sociales, la protection des salariés au travers d’une sécurité sociale professionnelle contre la précarisation de leur condition, la mise en œuvre d’un développement durable contre les décisions qui néglige les intérêts des générations futures… tous ces projets comme ces menaces sont devant nous. Deux modèles de société continuent de s’opposer. Libéralisme contre socialisme. Rien de cette division n’a perdu de son actualité ni de sa pertinence.
La seule chose qui ait changé, c’est la dimension de notre combat. Il ne peut plus se limiter au territoire national. Hier notre internationalisme était d’abord lié à une conception universelle de notre idéal. Il est aujourd’hui une absolue nécessité. Face à la globalisation de l’économie, à la mondialisation des échanges mais aussi pour traiter la question environnementale, prévenir les guerres ou gagner la paix, il faut aujourd’hui agir au niveau le plus approprié, c’est-à-dire celui de l’Union européenne et du monde.
Face à une droite qui cherche à banaliser les enjeux, dépolitiser les scrutins, brouiller les identités, il est plus que jamais besoin de militants pour rendre tout son sens à la politique. Nous devons éclairer nos concitoyens, leur restituer les choix possibles, leur rendre leur pouvoir en constituant l’alternative au dessein néo-conservateur de la droite.
Il nous reste tant à faire ensemble.
François Hollande, Premier secrétaire du Parti Socialiste
Du référendum du 29 mai 2005 à nos jours
Au lendemain de la victoire du non au référendum du 29 mai 2005 (ratification du traité constitutionnel européen), le Premier Secrétaire convoque un congrès anticipé pour la mi-novembre, au Mans (Sarthe). Plusieurs motions sont en concurrence, principalement la motion de la direction sortante, celle du Nouveau Parti Socialiste qui met en avant la rénovation du parti (Arnaud Montebourg et Vincent Peillon rejoints par l’ancien Premier secrétaire Henri Emmanuelli) et la motion de Laurent Fabius, ancien numéro 2 du parti qui a dû quitter le Secrétariat national en raison de la campagne qu’il a menée pour le « non » au référendum, contrairement au vote des adhérents, et qui se classe désormais à la gauche du parti.
Comme à Dijon, la motion du Premier secrétaire conserve une nette majorité (près de 54% des suffrages). La motion de NPS progresse (avec près de 24%) et celle de Laurent Fabius dépasse les 21%. Dans une climat politique marqué par les émeutes en banlieue, les socialistes choisissent de se retrouver sur une motion de synthèse. Le congrès décide que l’investiture du candidat à l’élection présidentielle se tiendra en novembre 2006. Le courant NPS s’étant divisé en commission des résolutions sur le choix de la synthèse, Arnaud Montebourg quitte le courant qu’il avait contribué à fonder et lance un nouveau courant : « Rénover maintenant ». François Hollande est désigné à nouveau comme Premier secrétaire.
Le projet socialiste est adopté le 22 juin par 85% des suffrages exprimés et ratifié le 30 juin par une Convention nationale. Il engagera les candidats du parti aux élections législatives et devrait inspirer largement le programme du candidat ou de la candidate à l’élection présidentielle. Une campagne d’adhésion s’appuyant sur la possibilité donnée aux nouveaux adhérents de voter le projet et surtout de participer au choix du candidat à l’élection présidentielle permet au parti à doubler ses effectifs, modifiant sa sociologie : baisse de l’âge moyen, féminisation plus grande, plus grand nombre de militants ayant un niveau d’études élevé, de salariés du secteur privé et de militants syndicaux et associatifs.
Dans une déclaration émouvante devant l’Université d’été du MJS, Lionel Jospin s’explique longuement sur son retrait de la vie politique le 21 avril 2002 mais renonce finalement à se porter candidat à l’élection présidentielle, fin septembre. Trois candidats se présentent au vote des militants : l’ancien Premier ministre et ministre des Finances, Laurent Fabius, l’ancien ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn et la seule femme présidente d’un Conseil régional, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Pour la première fois en France, un parti politique organise un débat entre ses candidats à la candidature. Le débat entre les présidentiables socialistes intéresse l’opinion, bien au delà du seul PS. Ségolène Royal l’emporte très largement dès le premier tour avec plus de 60% des voix devant Dominique Strauss-Kahn (plus de 20%) et Laurent Fabius (18%).
Liens
Toutes les informations affichées ici ont été copiées du site Internet du Parti Socialiste consacré à son histoire :
- http://histoire.parti-socialiste.fr
- L'histoire du Parti Socialiste sur Wikipedia
- En bas de page, référence à un article rédigé sur un wiki du PS, aujourd'hui disparu
- Entretien avec Madeleine Rebérioux sur le journal l'Humanité
Notes
- ↑ Test de référence