Projet socialiste pour la France (2007)
De Socialopedia.
Le Projet socialiste pour la France de 2007
Introduction
Les Français sont à la veille de faire des choix décisifs. Ils aspirent à une confrontation politique claire. Notre projet veut répondre à cette attente. Il fixe les grandes orientations que les socialistes développeront dans la campagne électorale. Il trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat, et, au-delà, pour les dix ans à venir. Il propose un chemin d’avenir à la France. Il veut être une contribution au rassemblement de la gauche qui est notre seule stratégie et dont l’unité permettra la victoire.
Nous voulons agir à gauche
Fidèles aux valeurs du socialisme démocratique, nous voulons nous appuyer sur la puissance publique, l’Etat, les collectivités locales mais aussi davantage sur les citoyens, les forces sociales, pour réguler le capitalisme et cantonner le marché à la sphère économique, combattre les inégalités, redistribuer les richesses, préserver les équilibres écologiques, en un mot, transformer la société.
Fidèles à notre héritage républicain et laïque, nous refusons une société dominée par la marchandisation de la vie et structurée autour de « communautés ». Nous voulons reconstruire une vie collective à partir de la citoyenneté et offrir à la France le grand projet politique qui lui fait défaut.
Nous voulons redonner un avenir à la France
Nous refusons le discours sur le « déclin français ». La droite et l’extrême droite plus encore qui prospèrent sur la peur, veulent persuader les Français que notre pays est aujourd’hui « perdant » dans le monde tel qu’il est, la première pour aller vers plus de dérégulation libérale, la seconde pour refermer le pays sur lui-même.
La France n’est pas ce pays de déclin, de petites querelles et de prévarication que certains voudraient lui tendre comme miroir. La France est un grand pays fier de son message universel. Elle est capable d’assumer toutes les périodes, même les plus sombres, de son histoire. Elle est aussi forgée autour d’une tradition politique, sociale, culturelle qui fait son rayonnement et fonde son destin : celle des Droits de l’Homme, de l’instruction publique, de la République, des principes de solidarité. Il y a là des ressources immenses pour affronter l’avenir.
Les Françaises et les Français n’ont pas peur du monde extérieur, et ils sont profondément européens : mais ils veulent construire un ordre public international, et l’Europe, autour des valeurs de justice, de solidarité et de paix.
Les Françaises et les Français n’ont pas peur d’eux-mêmes. Ils veulent vivre dans une République unie, tolérante, ouverte à la diversité, dans une communauté de droits et de devoirs qui bannit toutes les formes de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme, de sexisme et d’homophobie. L’idéal laïque permet de conjuguer ces aspirations, car au-dessus de nos différences, il place l’intérêt général.
Les Françaises et les Français ne tournent pas le dos à l’excellence et à la compétitivité : ils sont productifs, créatifs ; leurs chercheurs sont reconnus ; leurs entreprises sont performantes ; leurs territoires sont attractifs. Nous avons des atouts, beaucoup de nos concitoyennes et de nos concitoyens sont engagés dans la vie locale ou la vie associative, de façon soutenue et bénévole, témoignant ainsi de leur attachement à la Cité. Nous devons valoriser nos atouts, encourager les initiatives, faciliter tout ce qui contribue à la création de richesses et à la mise en œuvre des solidarités réelles, à la vie concrète de la démocratie.
Nous voulons répondre aux problèmes d’aujourd’hui
Notre pays traverse une crise. Elle est d’abord politique et dépasse les seules institutions pour interroger la République non dans ses principes, mais dans ses pratiques. L’organisation des pouvoirs politiques bien sûr mais aussi financiers et médiatiques est en cause. Mais les réformes institutionnelles n’apporteront pas de remède elles seules à la crise économique –une croissance trop faible et trop peu créatrice d’emplois- et à la crise sociale qui installe la précarité au cœur de notre société. Les Français n’arrivent pas à se figurer l’avenir. Ils se voient projetés dans la mondialisation alors qu’ils constatent que les régulations anciennes deviennent déficientes sans que de nouvelles règles ne soient apparues.
Nous faisons face, en effet, à des transformations considérables de l’économie. Avec la domination de la finance mondiale, le capitalisme change d’impact. Il remet en cause les équilibres établis dans les cadres nationaux et essaye d’imposer une dégradation générale de la condition salariale. La concurrence internationale, avec l’entrée dans le marché mondial du travail de la Chine, de l’Inde, du Brésil, les révolutions technologiques, la domination américaine ont profondément modifié la donne. L’épuisement prévisible de ressources énergétiques essentielles, le pétrole particulièrement, et la montée des risques environnementaux obligent à repenser les conditions mêmes de la croissance en l’inscrivant dans une vision plus globale d’un développement durable.
Par ailleurs, la société française se transforme. L’allongement de la durée de la vie de la population -heureuse nouvelle pour tous- exerce une pression inévitable sur le financement de la protection sociale. Les inégalités anciennes demeurent, d’autres s’ajoutent tout aussi insupportables –les précarités, les insécurités, les exclusions ; elles frappent les classes populaires comme les classes moyennes. On ne peut enfin ignorer l’importance croissante prise par d’autres facteurs que le statut professionnel : les discriminations sexuelles ou raciales, les inégalités générationnelles ou géographiques.
La crise des banlieues à l’automne 2005, celle du CPE, à l’hiver 2006, différentes par leur nature, nous rappellent cependant toutes deux l’urgence absolue qu’il y a à agir rapidement et fortement.
Le choix
Aujourd’hui, deux voies s’ouvrent aux Français, aux conséquences biens différentes, celle d’une « rupture libérale », celle du « développement solidaire ».
La droite, au-delà d’un discours vaguement compassionnel, considère que le « modèle social français » a vécu et prépare une société où chacun est abandonné à ses succès ou à ses malheurs personnels. Le chemin qu’elle trace n’a pas d’autre issue qu’un autoritarisme libéral favorisant de fait le communautarisme. Nous en connaissons les effets. La « France d’après », c’est la France des inégalités et de la division. Inégalités entre pauvres et riches que l’on accentue par l’injustice fiscale et l’atteinte aux droits sociaux. Inégalités entre diplômés et non diplômés que l’on creuse en laissant s’abîmer le système éducatif. Division entre habitants des banlieues et les autres citoyens que l’on renforce parfois par le mépris et surtout par l’inaction. Division, enfin, entre religions que l’on encourage en tournant le dos aux principes de notre République laïque. La rupture des solidarités fondamentales dans notre société conduit aujourd’hui, et demain plus encore aux violences et aux peurs qu’elles engendrent.
Les socialistes, au contraire, veulent une société unie, ouverte, apaisée,qui permet de lutter contre toutes les formes de précarité, de donner à chacun la protection qu’il mérite et l’égalité de chances pour construire sa vie. Nous voulons conjuguer la croissance économique pour apporter la prospérité et la redistribution des richesses, avec la responsabilité vis-à-vis des générations futures.
Notre projet doit à la fois répondre à l’urgence sociale et à l’exigence d’un nouveau modèle de développement. Il doit nous permettre d’agir pour le plein emploi, d’aller vers l’égalité réelle, de refonder la République, en mettant en œuvre une démarche démocratique nouvelle, et de mettre la France en situation de relancer l’Europe et de contribuer à maîtriser la mondialisation.
L’ambition que nous proposons aux Français est collective. C’est une ambition qui s’adresse à tous et demande le concours de chacun. Un projet pour la France. Un projet pour les Françaises et les Français. Un projet pour réussir le changement.
Organisation
- Partie I : réussir le plein emploi dans un développement durable
* Partie II : l'égalité réelle
* Partie III : refonder la République
* Partie IV : faire réussir la France en Europe et dans
Retrouvez le sommaire de détaillé du projet ici.